Vos récits

... Nous inspirer les uns les autres

Récit :

Ce récit n'est pas une fiction

A quoi bon concevoir des logiciels open source si c’est pour réinventer Google ou Facebook ? Puisque nous n’avons nul besoin d’amasser des données pour alimenter des régies publicitaires, qu’est-ce qui nous empêche d’inventer des dispositifs d’information et de communication radicalement différents, guidés par des objectifs de bien commun ?

J’ai consacré près de 15 ans à promouvoir les créations d’auteurs qui inventaient sur le web de nouvelles manières de raconter des histoires. J’ai eu la chance de devenir citoyen d’Internet au moment même où j’entrais dans l’âge adulte. J’ai vécu les sensations grisantes du surf et l’enthousiasme des débats sur Usenet. J’ai choisi de faire du web mon métier au moment où naissait l’expression « web 2.0 ». Comme son inventeur - Tim Berners-Lee - l’avait souhaité, le web était en train de devenir un réseau de créativité. Seules les vénérables industries culturelles s’y opposaient maladroitement, par un lobbying intense pour assimiler le partage au piratage.

Et pourtant, j’ai vu des créations novatrices qui peinaient à perdurer, des individus porteurs de récits, d’idées, de pensées, qui étaient de moins en moins audibles. J’ai cherché des explications en me lançant dans un doctorat. J’ai beaucoup appris sur la manière dont des auteurs assemblent spontanément des influences antérieures pour en faire quelque chose de neuf et de surprenant qui pourra à son tour devenir une source d’inspiration. J’ai découvert que ceux qui partagent les mêmes références qu’un auteur sont d’autant plus prêts à adhérer aux nouvelles formes narratives et créatives qui naissent de ces assemblages. Alors pourquoi un tel foisonnement créatif peinait-il à croître face aux insipides récits standardisés des industries ?

J’ai réalisé que les auteurs héritiers de la bande dessinée n’étaient pas les seules victimes : les journalistes ou les auteurs littéraires rencontraient les mêmes difficultés non seulement à subsister de leur art, mais même pour le faire connaître. Tous les secteurs éditoriaux qui s’étaient organisés autour de productions intellectuelles et créatives d’origine individuelle sont en crise. Les écosystèmes de la culture souffrent des mêmes maux que nos écosystèmes dits « naturels » et que nos sociétés : la concentration des richesses et du pouvoir aux mains de quelques-uns à une échelle mondialisée réduit la capacité de tous les autres à agir localement. On aspire de plus en plus à manger bio et local, mais on continue de consommer des séries télévisées à gros budgets plutôt que d’écouter ceux qui ont des choses à nous raconter à deux pas de chez nous. D’ailleurs, ils sont de moins en moins à cultiver encore leurs propres semences : sous l’influence des récits de la grande distribution, nos imaginaires sont mis sous copyright, c’est le règne de la fanfiction. Faut-il se réjouir de l’enthousiasme qui anime ceux qui consacrent leurs loisirs à prolonger les aventures des personnages de JK Rowling, RR Martin ou G Lucas ? Ou y voir une similitude inquiétante avec ces agriculteurs interdits de reproduire les semences qu’ils ont plantés et fait pousser ?

Ré-humaniser le web, cela passe par d’autres manières d’accéder aux contenus et de les découvrir.

Le 13 novembre 2015 au matin, arpentant les rues de Paris qui seraient ensanglantées le soir-même, j’étais venu de Lorraine pour partager cette vision avec un jeune entrepreneur dont le projet me semblait aller en ce sens. Le choc des tragiques évènements passé, nous n’avons pas poussé plus loin la collaboration. Mais, dans les mois qui ont suivi, l’idée qu’il était possible d’imaginer un web plus humain s’est conjuguée avec la conviction qu’il fallait agir là où je le pouvais pour contribuer à un monde différent.

En pleine trêve des confiseurs, j’ai mobilisé mes quelques souvenirs de développement web pour réaliser le prototype d’un outil simple et rudimentaire qui permettrait à chacun de contribuer à rendre le web plus douillet. Puisque Google et Facebook avaient perverti les promesses du lien hypertexte, nous allions recoudre nous-mêmes les pages du web entre elles. Il ne nous manquait qu’une modeste aiguille, un outil du paléolithique qui n’a curieusement nul équivalent numérique, un outil souvent plutôt associé aux femmes – terriblement absentes du panthéon des pères fondateurs du numérique (ceci explique sans doute cela).

Mon idée n’a pas fait mouche tout de suite. Mais la métaphore de l’aiguille s'est révélée féconde. Trouver l’inspiration c’est un peu comme trouver une aiguille dans une meule de foin. Une meule de foin de plus en plus pauvre et imposante si l’on se tourne vers le web d’aujourd’hui. Or, lorsque l’on trouve tout de même une aiguille sur le web, tout est fait pour l’oublier au plus vite après l’avoir brandie triomphalement sur les réseaux sociaux. Cette aiguille qui nous aura fait voir le monde sous un jour nouveau peut tout au plus escompter quelques heures de buzz avant de tomber dans l’oubli pour ne plus servir à personne.

Cette réflexion a débouché sur le développement d’un logiciel en cours d’expérimentation à l’Université de Lorraine. Ce logiciel a l’ambition d’être open source et de fonctionner selon une architecture distribuée. N’étant pas conçu dans le but de réunir des données personnelles destinées à une exploitation mercantile, ce logiciel n’enregistre que le strict nécessaire et son utilisation peut être tout à fait anonyme pour qui le désire. Mais surtout, ce logiciel n’a pas été conçu comme un équivalent à des solutions existantes : il offre une toute autre forme d’accès et de circulation dans les contenus du web.

Avec needle, chacun se dote d’un fil – et pas d’un profil – le long duquel glisser chaque nouvelle source d’inspiration qu’il découvre. Dans le chas de chacune de ces aiguilles s’entremêlent les fils de ceux qui partagent la même trouvaille, fut-ce pour des raisons différentes. Le résultat est un maillage organique de nos sources d’inspirations. Un maillage que chacun peut explorer à partir de ses propres trouvailles, le long de son propre fil. Sur la base d’une inspiration commune, il devient possible de découvrir des contenus, des idées, des créations qui ont inspiré d’autres que nous, parfois selon des visions du monde tout à fait orthogonales aux nôtres. Mais le partage de la même trouvaille est là pour nous rassurer, nous aider à accepter d’autres regards, d’autres points de vue.

On ne trouve sur un moteur de recherche que ce que l’on recherche, et sur un réseau social que ce que ceux qui nous ressemblent partagent. needle prend le contrepied de tout cela en prenant ses distances avec les promesses de l’intelligence artificielle, des algorithmes, du deep learning. needle propose un dispositif qui répond pleinement aux définitions de l’intelligence collective, non pas dans le but d’assister nos raisonnements grâce à de savantes déductions fondées sur l’analyse de données antérieures, mais dans celui de renouer avec notre imagination pour nous permettre d’inventer notre avenir.

Face à une accélération dynamique qui nous aliène chaque jour un peu plus, le sociologue allemand Hartmut Rosa nous invite à nous mettre en quête de résonance, c’est-à-dire de cette étrangeté qui sera tout de même suffisamment familière pour pouvoir être appropriée. L’anthropologue Tim Ingold nous alerte pour sa part quant au gouffre qui se creuse entre intelligence et imagination. Il insiste sur l’idée de fil et de maillage par opposition aux lignes droites et au réseau du monde occidental moderne. Pour lui, habiter le monde, cela consiste à entremêler nos lignes de vie (humaines ou non) au gré d’infinies formes de relations : « l’écologie est l’étude de la vie des lignes ». En réhumanisant le numérique pour nous inspirer les uns les autres, peut-être saurons nous le mettre au service de notre imagination.

En 2050 ? Et pourquoi pas avant ? needle aura trouvé sa place parmi les services offerts par les hébergeurs des CHATONS (Collectif des Hébergeurs Alternatifs,Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires). needle aura contribué à la réussite de l'utopique Contributopia. needle aura fait sa part pour l'adoption massive de Solid, cette infrastructure imaginée par l'inventeur même du web pour renouer avec l'idéal contributif de son invention, dévoyée par les GAFAM. needle... Et d'autres, car en réhumanisant le web, nous aurons retrouvé la voie d'un pluralisme, d'une diversité dans l'accès aux fruits de nos réflexions et de nos imaginations individuelles et collectives.

Pour en savoir plus : http://needle.univ-lorraine.fr/

Ensemble, tissons un réseau plus humain

Auteur : Julien Falgas
NousInspirerLesUnsLesAutres (Récit)
créée le 10.10.2018 à 15:41, mise à jour le 12.10.2018 à 12:31.

99 % Positif

Récit :

Nous sommes en 2050 et nous avons inversé le 1 pour 100 d'informations positives qu'il y avait en 2018 et le 99 % d'information négative qui assombrissait le moral de la population. Comment les mots clefs : crise difficulté,  harcèlement,  burn out, licenciement, violence, meurtre, viol, périple ... se sont-ils transformés ?

en amour collaboration initiative entraide partage évolution épanouissement bien-être, ... : des mots positifs qui règnent sur le monde de l'information désormais. C'est la positive attitude que s'arrachent tous les annonceurs tous les vendeurs de mots clés tous les communicants les marketeurs qui se conforme au référentiel positif.

et bien nous nous avons collaboré à faire voter 1 loi "+++" venant du peuple interdisant dans les flashs d'information et dans les titres des articles ces milliers de trop nombreux mots négatifs.

On s'est battu pendant 10 ans de procès  pour faire aboutir  une nouvelle loi  Internationale . On a voté et appliqué des amendes aux Gafam qui reversent des royaltys à chaque fois qu'ils emploient ces mots répertoriés dans le dictionnaire du négatif

Auteur : Laurie
99PositiF (Récit)
créée le 08.09.2018 à 22:07, mise à jour le 08.09.2018 à 22:07.

2050-4

Récit :

C'est dur d'écrire sur son téléphone.. 

 Nous sommes en 205..,non 2051, non 2052 mais 2054. Vous venez de passer dans un lavoir auto-aspirant qui recrute principe, des personnes âgées, fragiles et sensibles. 

En fait, certains s'accordent trop des jeux de sociétés et de l'école et des colonies de vacances. Eux, ils s'éclatent ! 

On aspire les plus frustrés. 

Si, vous en connaissez, merci de nous communiquer leurs Snapchat. Un œil bienveillant est toujours bon pour eux. 

Ha, je ne me suis pas présenté!Je m'appelle Nathan, enchanté. 

Et bien, bon, c'est le moment où je vais commencer à tourner. Heu, bienvenue ! 

En fait l'idée est venue d'un village, petit mais pas trop. L'eau était bleu, rouge ou verte, les truites étaient là. Les colorants étaient naturels. Il y a vait, une voiture pour plusieurs vélos. Le premier vélo offert, il fallait parfois faire 4 kilomètres pour en avoir le meilleur!Il y avait des arbres fruitiers à la place des haies et bien taillés, c'est parfait !

Tu as, aujourd'hui, traversé le temps. Y avait des glaces et des bonbons pas chers au cinéma et tout s'asseyant aux terrasses des cafés. Nous avons fait du temps, une spirale. Tu es en 2050-4 et non 2050-1.

Auteur : Coppin Rémy
Mail de contact : Contacter par mail 2050-4
20504 (Récit)
créée le 06.09.2018 à 18:50, mise à jour le 06.09.2018 à 18:50.

Ayant lu les premiers récits

Récit :

Ayant lu les premiers récits, je constate que les moyens à employer pour contrer les velléités de contrôle de nos vies par les GAFAs ou certains gouvernements, à travers Internet, sont affaire de spécialistes, d’experts non à leur solde. Cela pose un problème de société actuel : être expert dans un domaine implique de gagner sa vie dans ce domaine et donc le plus souvent d’être rémunéré en tant que salarié ou consultant par ceux qui ont à la fois les besoins de votre expertise et les moyens de vous rémunérer à la hauteur de vos compétences : vous voyez de qui je parle. Ainsi, ce sont surtout des médecins et ou pharmaciens qui travaillent pour les laboratoires pharmaceutiques. Or, si soigner est leur but affiché, le fait que soigner sans effets secondaires et sans avoir besoin de prendre des médicaments à vie impliquerait la cessation de leurs revenus, limite leur motivation.

Dans le domaine d’Internet, il existe heureusement  des experts non dépendants des plus grands comme Microsoft ou Google.

Je souhaite quant à moi témoigner en tant que simple usager. Pour répondre à l’auteur du récit "Et Pourquoi ne pas ?", je ne me sens pas prostituée lorsque je profite de contenus gratuits même si je sais que je vais ensuite recevoir des propositions de contenus payants en rapport avec ce qui m’intéresse. Même si je pouvais me donner « corps et âme », avec la sensation de réalisation totale de moi-même, je ne me sentirais pas prostituée. Mais le problème est de se retrouver inondé de publicités et spams jusqu’à l’écœurement et c’est, à mon avis, contre-productif même pour les entreprises. Par exemple, j’appréciais Amazone au point de choisir la formule « premium » mais depuis qu’ils m’envoient des offres quotidiennes, celles-ci partent à la corbeille avant même d’avoir été ouvertes.

En tant que coach passionnée (même si retraitée), je continue de voir les propositions de mes confrères, surtout sur YouTube, et ce qui est en rapport avec notre sujet, ce sont les formations et coachings sur le thème de l’indépendance financière, en particulier grâce aux blogs, e-books, e-learnings et e-boutiques. Il serait ainsi possible à n’importe qui de bien gagner sa vie avec très peu de travail, en vendant services ou produits sur Internet, en automatique, avec de l’e-mailing et des publicités Facebook entre autres et des partenariats. Si un% important de la population s’y mettait, ce ne serait plus une inondation mais un tsunami !

Quelles solutions ?

-          Remplacer la concurrence par la coopération où chacun apporterait le meilleur de lui-même, motivé non par l’argent mais par le désir de se réaliser pour un monde meilleur (« De chacun selon ses moyens » force,  intelligence, créativité, etc.). Ceci implique soit un revenu universel, soit la gratuité pour satisfaire nos besoins de base (« A chacun selon ses besoins »).

-          Changer la loi de l’offre et de la demande pour la fixation des prix dans une économie libérale mondialisée en se servant d’un Internet sécurisé, plateformes pour des échanges plus locaux et plus conviviaux.

-          Se servir de la technologie dont l’intelligence artificielle pour réduire au maximum le travail humain pénible, ce qui implique un Droit à l’Activité Rémunérée Effective, DARE-DARE, pour qu’il n’y ait pas un clivage entre investisseurs plus riches qu’il ne peuvent dépenser et chômeurs ne pouvant bénéficier des avantages du progrès.

Auteur : Linda Laforge
AyantLuLesPremiersRecits (Récit)
créée le 12.09.2018 à 09:52, mise à jour le 08.10.2018 à 14:07.

DEMAIN... AUTREMENT...

Récit :

DEMAIN...  AUTREMENT...

 

                Le soleil reflétait ses doux rayons sur mon visage... Il faisait doux en ce mois de mai 2050 et mes souvenirs réminiscents refaisaient soudain surface... J'appréciai ce léger souffle de vent, ce souffle de vie presque comme s'il s'agissait d'une liberté retrouvée, d'une insouciance nouvelle, d'une vie apaisée... Enfin...

                Il faut dire que notre humanité revenait de loin... Je me souviens déjà du temps où je bossais sans discontinuer au service du Système : celui introduit par ce que nous nommions au XXIème siècle le "GAFAM"... Très vite devenu, le WIC ("Web International Center") "Centre international Numérique" qui avait très vite réduit l'humanité à sa plus simple expression. Nos démocraties avaient bien vite été détruites laissant la place à un régime totalitaire géré par les deux plus grandes puissances mondiales : les Etats Unis et la Russie. Mais ce régime non plus n'avait pas fait le poids longtemps face à l'intelligence des ordinateurs.

                Nous étions vite devenus des esclaves : des véhicules gérés par le WIC nous récupéraient à nos domiciles chaque matin et nous ramenaient chaque soir, après une journée de travail identique à celle du héro de "Brazil" : une vie morne au service du WIC, sans fantaisie ni communication... Ah, la communication ! Elle n'existait plus que par réseaux sociaux soigneusement elle aussi contrôlée par le Système. Sont alors très vite apparus de nouvelles pathologies : tout d'abord de nouvelles solitudes, isolant chacun un peu plus chaque jour, mais aussi et surtout le BBO : le "Big Burn Out" laissant derrière lui des millions de vies annihilées, brisées et détruites. Le soir donc, nous avions obligation de rentrer à notre domicile où nous restions connectés en permanence : nos seuls loisirs se limitant aux programmes numériques diffusés par le WIC...

                Le WIC, le WIC, le WIC... Ce dernier maîtrisait tout : nos boulots, nos téléphones, notre santé... Nous étions sous surveillance permanente... Une prison à ciel ouvert... Sans perspective d'évasion hélas, la rébellion n'était pas prévue dans le Système, ou plutôt si : si le Système ne vous convenait pas, vous aviez le droit de mourir. Vous étiez alors éliminé et rayé du fichier WIC... Et aucune trace ne subsistait de vous...

                C'est pourtant vers 2030 que les choses ont commencé à s'inverser... Car sont apparus ce que nous appelions les "premiers migrants numériques"... Ils étaient issus d'un ancien mouvement "les colibris". Au commencement anecdotique, ils faisaient leur part et ne furent d'abord que quelques-uns, que nous regardions comme des illuminés ou des fous, des révolutionnaires parfois... Ils  décidèrent de "se changer pour changer le monde", de choisir la liberté à la mort certaine : liberté de penser, de vivre, de s'alimenter et de communiquer en cohérence avec leurs valeurs et leurs choix ; de réintroduire la démocratie participative, le partage, la communication, le vivre-ensemble, d'éliminer la haine, le harcèlement et le totalitarisme... Quels vastes projets !

                Les premiers partirent vivre dans des contrées reculées où une autre vie était encore possible
: retour à l'agriculture, au biologique, au respect des animaux, à une éducation des enfants différente... Et de n'utiliser le numérique qu'à bon escient, pour aider son prochain ou communiquer sans haine ou sans exposer sa vie. Bref, à réhumaniser une humanité qui ne l'était plus...

                 Je lisai de plus en plus en cachette leurs exploits jusqu'au jour où je décidai que moi aussi je serai l'une des leurs... Qu'il fallait que je passe à l'action, que je fasse ma part... Ils avaient lancé une Agora que je décidai de rejoindre et cela changea profondément ma vie et je veux croire que ma goutte d'eau, loin de faire déborder le vase, a été salutaire pour moi et pour toutes celles et ceux qui avaient choisi cette voie...

                30 ans plus tard, je suis fière, NOUS sommes fiers des progrès accomplis. Certes, notre planète n'est pas parfaite mais le WIC s'est de lui-même autodétruit, et nous pouvons dire à nos enfants et petits-enfants qu'ils reviennent de loin. Qu'une véritable "Shoah numérique" était en oeuvre et que nous avons su redresser la barre même si beaucoup d'entre nous y ont laissé leur précieuse vie. Ce sont nos "Justes", nos "Colibresques" comme dit mon petit fils...

                Et aujourd'hui alors l'automne de ma vie  arrive à grands pas, je suis sereine de voir mon petit fils rire aux éclats auprès de son nouveau petit chat... Et tandis que je souris à ce magnifique tableau, je referme le livre de 600 pages qui raconte ce sublime récit écrit à des millions de mains : "Demain... Autrement"  car c'est aujourd'hui que tout commence...

 

 

Sylviane LAURO

Auteur : Sylviane LAURO
DemainAutrement (Récit)
créée le 09.09.2018 à 14:57, mise à jour le 09.09.2018 à 14:57.

Et pourquoi ne pas ?

Récit :

GAFAM ou Gaffes âmes ?


Il venait pourtant de lui repeter une fois de plus… mais comment lui faire comprendre à la fin ?

Sur tous les tons, en le chantant, en le slamant, en le hurlant, en chuchotant  :

- 6 c'est gratuit, 7 toi le produit ! Si c'est gratuit, C'est toi le produit ! Sissé gratte 8, s'étoile pro du 8 !

Mais rien, rien ne s'imprimait dans les neurones de son ami, pourtant si vifs à l'accoutumée.


- Tu te prostitues dans quel but ? Lui avait-il demandé lors de leur dernière conversation

devant ses dénégations courroucées il avait aussitôt précisé :


- Alors dis-moi comment décris-tu la personne qui reçoit une valeur en contre partie d'un don de soi ? L'absence d'un échange direct de monnaie ne change rien à l'affaire...


Au terme d'un long silence partagé il reprit la parole :


- Comme toi j'ai apprécié de trouver immédiatement des réponses à mes interrogations, comme toi je me suis ennivré de ma toute puissance et de mon ubiquité, comme toi j'ai eu l'impression d'être « augmenté » aux frais de la princesse.


Puis un jour j'ai compris et mon confortable rêve s'est mué en un cauchemar anxiogène. J'ai flippé pour de vrai.

Puisque chacun de mes pas laisse son empreinte sur la toile, je deviens moi-même le produit en vitrine. Les Gafam goulues n'ont plus qu'à se servir de mes choix pour me revendre ce que je suis supposé apprécier.


Ainsi plus je clique et plus la toile se rétrécit autour de moi. Je suis cerné, je m'auto-emprisonne sans le savoir.


J'ai alors réalisé que ce qui devait « m'augmenter » me réduisait au contraire façon Jivaro !


Dès lors, quelle solution entrevoir pour retrouver ma place dans cet univers ?


Revenir à l'âge de pierre ? Jeter mes outils aux oubliettes ?

Ou peut-être s'en remettre au bon sens...


Et pourquoi ne pas œuvrer à la création d'un réseau entre cerveaux bienveillants, pourquoi ne pas travailler à la création d'un moteur de recherche « neutre » dont les réponses ne soient pas d'abord liées aux intérêts de ses créateurs ?


Ben oui, pourquoi ne pas ?

Auteur : jicibi
EtPourquoiNePas (Récit)
créée le 13.07.2018 à 09:48, mise à jour le 17.08.2018 à 09:51.

I have a dream

Récit :

2050 est enfin le meilleur des mondes, celui où l’humain est redevenu le centre des préoccupations des dirigeants de notre pays, des fonctionnaires, des chefs d'entreprise, des enseignants, des agriculteurs, des parents, des gendarmes... Bref, même si tout n'est pas encore rose, nous sommes en bonne voie et le BIB (Bonheur Intérieur Brut, nouvel indicateur de mesure de la santé des pays de l'UE) est au plus haut depuis ses débuts, il y a 4 ans. Nous avons œuvré sur tous les fronts, bien sûr, pour en arriver là.


Pour ce qui est de l'univers numérique, voici le panorama en cette fin de première moitié de siècle, si attractif que les dix-huitards attardés pensent même nous rejoindre à leur tour.


D'abord et avant tout, le respect de la personne humaine est, là aussi, le fondement des acteurs du numérique. La transparence est totale. Sur notre Compte Unique Universel, nous pouvons gérer toutes nos données personnelles. Par exemple j'ai choisi de mettre mes goûts de lecture à disposition de certains libraires, mais je paramètre finement les suggestions qu'ils peuvent me proposer afin d'éviter tant l'overdose que la déculturation. Mes CGMDDP (Conditions Générales de Mise à Disposition des Données Personnelles) les empêchent d'utiliser mes données à d'autres fins que celles que j'ai définies, de les revendre, de traquer mes allées et venues sur la toile, de faire de la publicité intrusive, en un mot d'attenter à mes libertés. Toujours sur ce compte, je règle aussi le sort de mes données administratives, bancaires, professionnelles, sociales, conjugales, parentales, généalogiques... Avec mon Mot de Passe Unique sur 512 mégaoctets, validé par un fond d’œil et mon code ADN, c'est très pratique et totalement sécurisé. D'ailleurs la sécurité des données est devenue un non-problème puisque les efforts conjoints des états, des sociétés privées et des utilisateurs ont permis d'éradiquer le spam, le phishing, le tracking, les malwares, les hoax, les chevaux de troie et les vers à soie. Le coût de la sécurité est revenu au niveau de l'époque préhistorique de windoze XP, tout est rentré dans l'ordre.


En matière d'intelligence artificielle, le Comité d'Éthique Numérique, qui a un pouvoir de veto international, a défini les limites que les machines ne peuvent pas franchir. D'ailleurs, le pourraient-elles qu'elles seraient arrêtées tout de go par les gendarmes dont on a dit plus haut qu'ils n'avaient qu'une préoccupation, notre bonheur.


Un autre point écolo-important est celui de la consommation d'énergie. L'IDM (Internet Des Moyens), dont les transports connectés (genre avion, bateau, auto, moto, lego), la domotique, le smartvisiophone, les serveurs, les réseaux (ceux qu'on présentait dans les années 20 comme de fines toiles d'araignée et qui sont devenus des toiles à matelas), consomment beaucoup d'énergie, même si nous en sommes rendus à des gravures femtométriques (millionième de millionième de millimètre) et que la loi de Moore a catapulté nos processeurs à 8 milliards de puces par millimètre carré. Nos ingénieurs ingénieux ont donc trouvé un moyen imparable d'économiser l'énergie, le SSE (Sustainable Space Energy, oui là j'en conviens, depuis Apollo XI, les ricains sont toujours les plus forts). Les serveurs de notre planète, embarqués dans des satellites en orbite géostationnaire, sont refroidis "côté ombre" par des radiateurs au zéro absolu (-173,16 °C), tandis que le côté éclairé capte l'énergie du soleil pour l'alimentation en électricité et le maintien en orbite. Les données sont transmises sur terre par ondes électromagnétiques à des débits de 80 exabits/seconde (milliards de milliards). Plus de problème de bande passante, de micro-coupures, de zones blanches, de virus, de pirates...


Le meilleur des mondes, je vous dis. C'est si vrai que notre vigilance s'est émoussée, nous sommes redevenus insouciants, les vendeurs d’antivirus ont fait faillite, le mot paranoïa a disparu des dictionnaires.


Mais alors qu'est-ce qu'on s'ennuie !


Finalement j'en viens à regretter ce monde de dix-huitards où le web était si humain, avec ses incertitudes, ses aléas, ses dangers à tous les coins de rue, où l'on était tellement méfiant qu'on débranchait le wifi la nuit, qu'on collait un scotch sur les caméras de nos PC portables et qu'on ne répondait pas aux appels des numéros masqués...


Auteur : Hoppicker
IHaveADream (Récit)
créée le 24.10.2018 à 11:23, mise à jour le 24.10.2018 à 15:35.

Il fallait encore rêver

Récit :

Je rêve d'un Internet qui met en commun, qui permet de faire véritablement du lien entre les savoirs, les singularités, l'imagination et la créativité de chacun...


J'ai vu le glissement de l'Internet vers quelque chose qui s'éloigne de plus en plus de mon rêve... me rendre compte au fil du temps, d'années en années que les recherches que je faisais amenaient de moins en moins des réponses pertinentes, amenaient de plus en plus de réponses standardisées, avec toujours les mêmes sources recopiées les unes sur les autres... de moins en moins de contenu singulier... Les premières années d'Internet avant ce glissement vers le GAFAM, m'a permis d’atterrir sur sites pertinents par rapport aux requêtes que je faisais (ces sites n'étant pas encore relayés à un classement très lointain des premiers résultats... ce n'est plus la pertinence de la réponse qui apparaît par rapport à la requête mais les intérêts économiques du GAFAM par rapport à nos requêtes... j'ai pu voir ce glissement car avant ce glissement, je créais des sites internets que je référençais, où l'algorithme de recherche était encore compréhensible et était encore pertinent : les premiers résultats de page étaient ceux qui utilisaient le plus grand nombre de fois le mot recherché dans la page, le titre, l'adresse du lien... de sorte qu'il pouvait y avoir une logique du référenceur à vouloir répéter un grand nombre de fois le mot pour apparaître dans les premières pages de résultat...Je faisais aussi beaucoup de recherches par images et j'ai vu aussi la dégradation des recherches avec tumblr et pinterest...). Cela m'a permis de comprendre de par mon vécu ce glissement vers quelque chose qui ne me convenait pas... je n'ai jamais trop vu l'intérêt de facebook, twitter... les résultats que me donnent google ne m'intéresse pas...

Je crois que nous nous sommes beaucoup trop éloignés l'un de l'autre (le GAFAM et moi) pour que nous ayons encore quelque chose à faire ensemble... nos envies, nos intérêts sont beaucoup trop éloignés de telle sorte que ni l'un ni l'autre ne peut avoir une influence l'un sur l'autre... nous sommes à la vue de l'autre, un extraterrestre...

De plus en plus, je me retrouve sur des sites spécialisés (certains que j'ai pu identifier à l'époque où les requêtes donnaient des réponses pertinentes) où je peux avoir accès à des brevets (chacun peut consulter les brevets gratuitement, ce qui est interdit, c'est d'en faire une utilisation commerciale, mais nous pouvons très bien, pour nous même utiliser tel ou tel brevet... je trouve à cet endroit de riches sources d'inspiration...), des sites où sont publiés les thèses des doctorants (avant que celles-ci ne soient retirées pour en faire un usage financier pour certaines, c'est aussi très intéressant, car ça permet d'avoir vraiment accès à des savoirs qui sont par ailleurs pas très accessibles... et les bibliographies des thèses permettent de découvrir d'autres personnes), les sites des bibliothèques (nationale, universitaire, des villes... où il est toujours possible de se rendre pour consulter les ouvrages qui nous intéressent et possible d'emprunter des livres pour pas très cher, et même gratuitement pour les demandeurs d'emplois... ces livres citent des sources qui nous permettent de découvrir un autre hauteur et de fil en aiguille avoir différents point de vue sur une même situation...). Je fonctionne de plus en plus par marques pages qui me permettent de reconsulter des sites que je trouve pertinents dans ce qu'ils apportent.

C'est plus de cette façon là, dont je rêve l'Internet, celui qui relie encore vraiment les ressources les unes autres... cette logique qui a été mise en place des les travaux universitaires, dans les bibliothèques (qu'elles soient physiques ou numériques).


Finalement ce qui était censé m'offrir ces ressources en lignes - Internet -, m'amènent au fil du temps à de plus en plus retourner vers les livres, un peu comme un saumon qui remontrait la rivière à contre courant... Finalement ça a du bon d'aller emprunter des livres, d'avoir un livre dans les mains (de sentir l'odeur du livre, son poids, la texture particulière du papier sous mes doigts...)... cela me connecte à mon corps, cela me connecte à mon environnement... alors que je vois de plus en plus autour de moi des personnes "autistes" qui ne seraient peut-être même plus dire ce qui s'est passé autour d'elle, leur vécu se résumant à une incessante navigation sur leur téléphone portable dernière génération. J'ai la curiosité de regarder ce que ces personnes font sur leur téléphone (ça m'est tellement étranger, que je me demande ce qui peut à ce point absorber l'autre)... et je vois malheureusement que pour la plupart ils sont dans la prison GAFAM.


Je rêve d'un Internet qui nous nourrit réellement, qui nous donne accès à des savoirs et savoir-faire, qui nous laisse libre dans nos choix, nous rendent autonomes... et surtout qui nous permettent de nous rencontrer, de partager localement et en présence physique les uns des autres (plutôt que d'être enfermé chacun derrière un écran, même lorsque nous sommes en présence d'autres humains).


Dans mon travail créatif/artistique, je me suis toujours senti enrichi par le fait d'être dans l'échange et le partage des recherches, des inventions, des processus qui mènent à la création de quelque chose. Je suis toujours surpris de constater à quel point, la façon de faire de l'autre n'est jamais copier mais nous inspire nous-même pour voir la problématique que l'on se pose sous un autre angle...

J'ai plusieurs fois fait cette expérience, que même si l'on veut copier, imiter l'autre... nous ne pouvons jamais y arriver réellement totalement, chacun étant un assemblage unique d'un grand nombre de paramètres... (c'est un peu comme le téléphone arabe : répéter ce que l'autre nous à dit, si on se met en cercle, la personne qui a lancée la phrase, lui revient modifiée... j'ai fait cette expérience un jour dans la danse, en étant en cercle, une personne lançait un geste, la personne d'à côté l'imitait et ainsi de suite (chacun prenant quelque chose de particulier du geste : la précision du mouvement, le rythme, l'énergie, l'émotion...), de sorte que lorsque le geste revenait à celui qui l'avait lancé, le geste n'était plus du tout le même, il avait été nourri de la singularité de chacun).

Nous apprenons à l'école que ce n'est pas bien de copier... la vie m'a appris au contraire que c'était bien de copier, bien de prendre connaissance de ce que fait l'autre, car il a un regard sur la situation que je n'avais pas... alors en ayant cette nouvelle perspective, je suis capable de faire quelque chose de nouveau en prenant ce que je comprends de l'autre, au travers de mes prismes de la vie.

Je rêve alors d'un internet qui permet de transmettre la créativité, l'imagination de chacun... qui connecte mondialement les personnes... et qui permet plus localement d'expérimenter ensemble dans la vraie vie.

J'ai rêvé par exemple de cet échange autour de la création textile - le domaine où j'ai le plus d'expertise - (mais cela peut s'appliquer à plein d'autres domaines : informatique, santé, éducation, agriculture, énergie, architecture...), avoir un réseau mondial qui enrichit, partage des savoirs et savoirs faire en opensource (ceux qui ont le temps/l'envie de faire, ne sont pas les mêmes que ceux qui n'ont pas le temps/pas l'envie mais qui ont les moyens financiers de payer des "produits finis")...

Je crois que c'est un peu prétentieux de dire que quelque chose nous appartient... les idées singulières qui germent en nous ne sont pas issues de nulle part, elles ont été inspirées par tout ce qui nous entoure... nous arrivons à cela grâce aux autres, grâce à nos perceptions, nos prismes sur les situations... Nous en sommes encore à garder jalousement le fruit de notre créativité (parce que nous sommes dans une vision du monde où il faut rentabiliser au maximum une invention, qu'il faut pouvoir la diffuser mondialement sans que personne d'autre ne puisse le faire... à quoi bon ? Tout cela ne tient pas compte des particularités locales et la singularité de chacun... donner à chacun la possibilité de s'approprier, d'inventer, de modifier, d'adapter l'idée de l'autre apporte pour moi une réponse plus adéquate aux situations...

Je le vois par rapport au domaine où j'ai le plus d'expertise, la création de vêtement, chaque corps étant différent, il est impossible de créer un modèle qui fonctionne pour tout le monde... il y a la singularité physique de chaque corps, mais il y a aussi pour chacun de ces corps aussi les différences de sensibilité qui demande de concevoir les vêtements différemment en fonction des personnes... il y a aussi le goût de chacun.... en résumé tout un ensemble de paramètres qui me fait dire que ce qui a le plus de sens c'est de se réapproprier des savoirs que l'on peut partager mondialement et expérimenter localement avec les personnes qui sont dans notre entourage.

Comme ce n'est pas toujours facile de faire seul, chez soi, d'avoir l'espace, la motivation... il y aurait des lieux qui permettraient de prolonger ses recherches, d'expérimenter ensemble, en présence les uns des autres localement... et ces expérimentations viendraient, à leur tour, enrichir les savoirs et savoir-faire partager sur la toile.

Nous sommes tous singuliers, nous avons tous des particularités, des forces et des faiblesses, des affinités, des choses que l'on aime faire plus que d'autre, des choses que l'on est capable de faire et celle qu'il nous est difficile voire impossible à faire...L'idée n'est pas de rendre "responsable" chacun de ce qu'il fait, sans que cela soit pris en charge collectivement... il faut se donner les moyens collectifs à cette possibilité de responsabilité... Il est important pour moi de prendre en compte les forces et les faiblesses, non pas dans un jugement de valeur, mais comme une réalité avec laquelle il faut savoir composer, avec laquelle il faut savoir inventer... Il y a beaucoup de réflexion sur soi, sur soi-même... il faudrait en avoir tout autant, voir plus sur la notion de groupe, du fonctionnement de groupe (qui est dans beaucoup d'automatismes, de violences... qui ne sont pas souvent réellement interrogée car c'est une zone de grande fragilité, l'être humain a besoin de l'autre pour fonctionner, et sa peur peut l'amener à accepter des situations collectives intenables pour ne pas être exclu du groupe).

Je le vois bien, avec mon domaine d'expertise, je pourrai dire que tout le monde à les moyens de se prendre en charge, de réaliser soi-même ses vêtements, des vêtements adaptés à sa morphologie, ses exigences de confort, ses envies symboliques et esthétiques... mais la réalité, c'est que certain seront à l'aise à naviguer dans ce savoir, là où d'autres peineront... ces autres seront peut-être à l'aise dans l'informatique, là où ceux qui sont à l'aise dans la couture peineront... C'est pour moi, un peu la transposition de l'esprit de la permaculture, de ce qui existe dans la nature pour qu'elle puisse fonctionner de façon plus harmonieuse... il y a le besoin d'entraide, de partage, de proximité... il y a ceux qui arrivent à chercher en profondeur, ceux qui arrivent à chercher en surface, ceux qui arrivent à extraire/transformer tel élément ou tel autre... finalement c'est une symbiose d'ensemble... Si on individualise chaque élément, ceux-ci auront du mal à bien vivre... C'est la vision actuelle du capitalisme, ce hors-sol, l'isolation, le classement, la confrontation, la compétition, l'individu seul... (cela a même contaminé la psychologie dite "positive" qui essaye de nous faire croire que tout dépend de nous - individuellement bien-sûr -, comme si nous étions des "sur-hommes"... alors que c'est plutôt l'inverse... nous sommes très dépendant des autres pour survivre... nous avons besoin du collectif.... (deux livres intéressants à cet égard : "happycratie" d'Edgar Cabanas et Eva Illouz qui parle de cette "responsabilité individuelle", et "la situation désespérée du présent me remplit d'espoir" de Dany-Robert Dufour qui fait tout un récit de notre fragilité et incomplétude par rapport aux animaux, ce qui nous sauve pour lui, c'est notre culture... encore faut-elle que celle-ci ne soit pas elle aussi contaminée par le délire)).

L'idée n'est donc pas seulement de brandir qu'il y a des solutions qui existent, mais aussi de créer dans la vie concrète les situations qui permettent leur mise en œuvre pour chacun : des lieux d'apprentissage, de transmission, d'entraide, d'aculturation, de familiarisation... en se sentant soutenu, accompagné, écouté, épaulé... en un maux en se sentant considéré comme humain dans toutes ses dimensions... et c'est aussi peut-être les endroits où l'on peut revaloriser l'erreur, les endroits où l'on pourrait dire : je n'y arrive pas, c'est trop compliqué pour moi... et être accueilli avec cette vulnérabilité... qui permet d'inventer ensemble quelque chose de plus permaculturel... l'idée n'étant pas tous - individuellement - de savoir tout faire, mais de s'en approcher collectivement avec les ressources de chacun.


Auteur : lieu des possibles
IlFallaitEncoreRever (Récit)
créée le 21.12.2018 à 13:56, mise à jour le 21.12.2018 à 14:32.

La responsabilité démocratique numérique : changer les règles du jeu !

Récit :

Ce récit est inspiré des travaux sur les algorithmes de Cathy O'Neil, data scientist, dont voici une vidéo synthétique et pédagogique : https://frama.link/24d-1mfD, ainsi que de la pensée de Jacques Testard, François Veuillerette, Eric Sadin,  Philippe Bihouix, Fabrice Hadjhadj, Miguel Benassayag, Jean-Michel Besnier, Olivier Rey, Edgar Morin.

 

Le web, la recherche et l’innovation sont aujourd’hui essentiellement pilotées par des algorithmes et des intérêts économiques industriels à court terme. Or, les algorithmes définissent notre avenir en fonction de nos décisions passées, non pas du présent ! Ils ne prennent ainsi pas en compte notre capacité à changer, s’adapter. De plus, nous sommes à un tournant historique où la technoscience et l'I.A. ont le pouvoir d'énoncer "LA" vérité, en monopolisant la parole, le discours via les objets connectés, eux-mêmes codés en fonction d'algorithmes. Ils sont l'une des raisons fondamentales qui font que les inégalités s’accroissent, que le transhumanisme se diffuse et qu'il soit si difficile de changer de cap, de voie.

 

Le web de demain s'humanisera parce que les humains, collectivement, décident de SUBORDONNER LES TECHNOSCIENCES à l’ETHIQUE.

 

Ils décident de suivre 2 principes :

 

-       “tout ce qui peut être techniquement réalisé ne doit pas être obligatoirement réalisé” ;

-       “les lobbies sont exclus des choix scientifiques et politiques”.

 

Ils décident la création :

 

1/ d’outils et de moyens permettant :

 

-       D’analyser les algorithmes,

-       d’identifier les préjugés et les biais qu'ils contiennent (quelle est la définition du "succès" ou du "progrès" à partir de laquelle l’algorithme préconise un choix ?) ;

-       De créer et reconnaître des critères d’évaluation pour les chercheurs engagés dans des projets de recherche participative ;

-       De donner à la recherche publique les moyens nécessaires, sans qu’elle ait à faire appel aux fonds privés, avec une participation effective des citoyens dans la définition des priorités,

-       de créer des mécanismes correctifs dès lors que les externalités négatives et effets pervers des algorithmes et des technosciences sont avérés ;

 

2/ de comités de jurys citoyens :

 

-       sur le principe du 1 pour 1 : 1 centre de recherche <=> 1 comité d'éthique indépendant ;

-     Pour promouvoir la recherche participative, ouvrant la science à la société civile dans le domaine de l’expertise ;

-       Pour exiger une reddition de compte pour les algorithmes qui ont des conséquences graves sur le fonctionnement de la société ; ex. loi, justice, économie, environnement,

-       Pour soumettre régulièrement au Parlement l’avis d’une convention de citoyens sur les grandes priorités proposées par les acteurs de la recherche ;

 

3/ la création d'un système d'appel anti-algorithmique et I.A. :

 

-       pour tout citoyen se trouvant lésé de ses droits fondamentaux, droits constitutionnels, droits juridiques, du fait de l'usage des algorithmes ou de l’IA, par exemple du fait du déploiement de « score citoyen » ou social ranking, tel qu’il est mis en place en Chine, privant les "mauvais" consommateurs de leurs droits fondamentaux ;

-       afin que tout citoyen puisse se défendre, se justifier, s'expliquer ;

-     permettant de contrer le mécanisme de confiscation de la parole (injonctive, impérative, prescriptive, coerctive) par l'I.A. afin de remettre une parole humaine et la puissance humaine au coeur de tout processus de décision et de justice ;

 

4/ de soutenir à chaque fois que possible, les expériences sociales mettant en œuvre des “low-tech”... c'est-à-dire, de renouer avec des modes de rationalité proprement humains, sachant renoncer avec humilité à l'hubris et la folie d'homo deus demens, faisant renaître la puissance d'homo sapiens sapiens.


Ce récit est une ébauche : il est ouvert et ne demande qu'à être amendé, enrichi, co-construit !


Auteur : I Woke Up This Morning
LaResponsabiliteDemocratiqueNumeriqueChan (Récit)
créée le 10.11.2018 à 12:10, mise à jour le 10.11.2018 à 12:10.

Le Web Humain existe déjà !

Récit :

En lisant les récits proposés ici, j'ai l'impression qu'on peut distinguer une grande tendance commune à tous pour aller vers un internet plus humain.

L'internet tel que nous le connaissons est globalement malveillant, à deux aspects : D'une part, il produit des individus consuméristes et déshumanisés, incapable de se déconnecter, mettant en spectacle tout les aspects de leurs vies et dépendants aux technologies ; d'autre part, il produit la société de la surveillance de masse, de la censure, du tracking publicitaire, de la marchandisation et du controle des individus.

Cependant, personne ne remet en cause l'existence d'Internet. La nouvelle société ré-humanisé de 2050 ne peut pas être "un retour à l'age de pierre", ni même à la poste. Internet est un immense progret technique qui permet non seulement la réunion de la plus grande masse de savoir de l'histoire de l'humanité et son partage massif, accessible partout autour du globe à partir de nos "ordinateurs de poches" (ou ordiphone, comme on dis au Quebec), mais qui permet aussi une mise en relation de tout les humains autour du monde, accellerant le mouvement humaniste et anticapitaliste ; tout le monde comprend qu'internet ne dois pas être détruit, mais dépassé et transformé.

Mais c'est alors, une fois que tout le monde à fait ce constat, qu'il faut proposer une solution, dont on devra extraire un scenario pour 2050.

Certains voudrais inventer un réseau bienveillant, qui permet aux espaces locaux libres de co-construire par dela les frontières, qui s'étendra à l'afrique et à l'asie, qui permettrais la coopération entre humains, remplacant la propriété intellectuelle par le partage des technologies, remplacant la surveillance de masse par le secret des correspondances et remplacant la marchandisation des individus et du monde par la gratuité totale et le don.

Et c'est là l'erreur fondamentale des internautes qui veulent transformer internet sans le connaitre vraiment : cet internet n'est pas à inventer mais à découvrir, car IL EXISTE DEJA !!!

La naissance de l'internet libre à lieu en 1971, avec Richard Stallman et le projet GNU.
Les militants de l'internet humain se sont arrétés, au fil des années, sur une liste de 3 points qui permet d'identifier si un service sur internet est ethique ou non. Cette liste peut parraitre complexe pour les débutants, mais une fois que vous serez familiarisés avec ces concepts, vous n'aurez plus rien à apprendre sur le sujet et vous serez pleinement éduqués aux "conditions de l'internet humain", qu'on appelle souvent "hygiène numérique". Ces trois points sont :

- la licence libre
- la décentralisation
- le chiffrement

- la licence (cad la propriété intellectuelle qui s'applique à un bien : ici, un logiciel) : est-ce une licence privée ou une licence libre ?
Une licence privée montre que le fonctionnement d'un logiciel est tenu secret par son propriétaire : il est impossible, même au meilleur des informaticiens, de comprendre son fonctionnement pour l'expliquer aux autres. Il est donc presque impossible de detecter une tache malveillante, et on ne pourra rien y faire.
Une licence libre est accessible, vérifiable et améliorable par n'importe qui, le programme appartient légalement à toute l'humanité sans que personne ne puisse se l'approprier.

- le service que j'utilise (comme Facebook) est-il centralisé ou décentralisé ?
Si il est centralisé, toutes les informations sont concentrées sur un seul ordinateur qui appartient à Facebook : il aura tout pouvoir sur ces informations, les consulter, les orienter, les censurer ou les vendre, à échelle mondiale.
Si il est décentralisé, les informations sont contenus sur une multitude d'ordinateurs qui appartiennent à tous : les informations sont à disposition de tous, donc personne ne peut décider d'en abuser. Chaque information peut être à de multiples endroits, ce qui multiplie les coûts de la surveillance et empêche le maintien d'une force autoritaire à long terme.

- ma communication (comme mes mails) est-elle chiffrée ou non ?
Si elle est chiffrée, quelqu'un qui intercepte votre mail serra incapable de le lire.
Si elle ne l'est pas, n'importe quel tiers peut les lire, comme si c'était une carte postale.

Si un de ces points est manquant, vous n'êtes pas dans l'internet éthique de demain. Si tout les points sont validés, vous y êtes.

J'aimerais maintenant vous apporter une liste de solutions accessibles immédiatement pour vous émanciper de l'internet marchand et inhumain.

Firefox est un navigateur qui peut remplacer Google Chrome
Diaspora* peut remplacer Facebook (framasphere.org)
Mastodon peut remplacer Twitter (framapiaf.org)
Peertube est un hebergeur de vidéos qui peut remplacer Youtube (en experimentation)
Ecosia est un moteur de recherche qui peut remplacer Google (ecosia.org), comme Searx (en experimentation)
Protonmail est un webmail qui peut remplacer GMail
Linux est un système d'exploitation qui peut remplacer Windows
La FFDN est un réseaux de fournisseurs d'accès à internet associatif, qui peuvent remplacer Orange, Free ...

Il existe à notre époque une grande quantité de solutions qui permettrent aux internautes de s'émanciper, si ils se responsabilisent, recherchent et prennent en main ces outils à leurs dispositions.
Il ne faut rien attendre des états qui seront toujours aux ordres des grands monopoles : seule la société civile militante peut s'orienter vers une transformation des usages d'internet.

Nous ne devons pas baisser les bras devant la "compléxité" du problème : car c'est vrai, l'informatique fait peur. Cependant, être un internaute conscient ne nécessite aucune compétence de mathématique ou de programmation, seulement la recherche et l'apprentissage d'un socle politique solide sur le sujet. L'enjeu de l'informatique ethique est le même que celui de l'alimentation ethique ou de l'éducation ethique : c'est la construction du monde de demain et de la société collective, qui dépasse tout ses antécetants sociétaux et capitalistes pour les refonder sur des bases plus humaines.

Cela passe aussi par apprendre à ce déconnecter et à revenir à des rapports de communications directs véritables, et à repenser completement notre rapport à la technologie et à la société. Un internet libre dans une société de consomation ne ferrais qu'accomplir au mieux son role, c'est à dire de transmettre la société de consomation tout le temps et partout sur la planète, "de manière libre" ; et ca n'est pas ce que nous voulons. La société éthique de demain, si elle arrête d'utiliser internet, pourra surement survivre : pourra t'elle accomplir son role historique qui est de répandre une nouvelle humanité tout le temps et sur toute la planète ? Comment la société de demain pourrais t'elle prévaloir sur celle d'aujourd'hui si elle ne la dépasse pas ?

C'est pour cela que, comme on peut le lire ici, la censure des "mots négatifs", la conscience quantique ou "le clavier à 33 touches" ne suffisent pas.

Cependant, je n'ai pas vraiment envie de m'aventurer sur ce que serra le nouvel internet dans la nouvelle communauté humaine dans 30 ans. L'internet libre existe aujourd'hui, et il faut transformer nos usages de l'informatique aujourd'hui. Internet est l'outil parfait pour transmettre des nouvelles manières de penser et de vivre. C'est un outil neutre, qui remplira son rôle comme il l'a toujours fait ; c'est à nous de le prendre en main, et d'arréter d'être des internautes naïfs et marchandisés qui cliquons où on nous le dit et comme on nous le dit. S'acharner à transmettre de nouvelles manières de vivre sur Facebook, c'est comme aller dans la forêt pour manger un McDo, ca sert à rien.

https://www.hooktube.com/watch?v=pRBEXWrJONM&t=725
https://www.hooktube.com/watch?v=qeTEbWfw62U&t=275
https://www.anonymous-france.eu/
https://prism-break.org/fr/


Et comme on dis chez nous, "la route est longue, mais la voie est libre"

Auteur : no1
LeWebHumainExisteDeja (Récit)
créée le 15.10.2018 à 17:22, mise à jour le 15.10.2018 à 17:22.

Nous nous sommes reconnectés à l'essentiel : la Vie

Récit :

"Notre action se concentre à l'échelle locale car nous sommes convaincus que le changement commence en bas de chez soi" Source : Fluicity, https://www.flui.city/us

Introduction
Pardonnez peut-être ma naïveté, mais je suis profondément convaincu qu'en se reconnectant avec soi-même, c'est retrouver en soi authenticité et simplicité. C'est d'abord retrouver cette "complicité" avec soi-même, puis la transmettre avec et pour les autres.


Le sourire est contagieux, la sagesse aussi

Au-delà du numérique, je pense que le plus puissant des outils de communication est la parole, le bouche-à-oreille. Plus que jamais, nous avons besoin de relations simples, respectueuses, bienveillantes, sans jugement, sans critique négative. Et tout cela commence envers soi-même, puis avec sa famille, ses amis, son voisin, son collègue de travail, dans les associations,...Là où je pense qu'il faut que nous arrivions, dans un premier temps, s'est de renouer avec la confiance des citoyens, créer une relation de confiance : c'est ce qui crédibilisera le discours et le combat menés pour un monde meilleur.


Nous pouvons maintenant faire bon usage du numérique

Envoyez 1 million de mails pour une campagne de sensibilisation sur l'écologie et vous serez déçus de voir que seulement 1% des Internautes se sont donnés la peine d'ouvrir votre mail, pour peu qu'ils donnent suite à votre appel. En revanche, si déjà à l'échelle locale il y a eu un bel impact et qu'un nombre important de citoyens se sentent désormais concernés et intégrés dans le mouvement Colibris, alors vous verrez que le numérique fera des merveilles !


Mais qu'ai-je apporté de concret me direz-vous bien que mes paroles sont sages et bienveillantes ? Pas grand chose en effet. Mais je suis profondément optimiste quant au changement dans les années à venir, car je fais ma part au quotidien, tout comme je le fais en écrivant ce texte. Cette prise de conscience, individuelle pour chacun deviendra au fils des années une prise de conscience collective, et je pense que c'est cela qui guérira dans un premier temps l'inconscience humaine et la folie que certaines grandes organisations perpétuent. Mais ils auront de moins en moins de crédibilité. Car aujourd'hui le numérique doit-être au service d'un monde meilleur et non plus dans un but de commercialisation de tout et n'importe quoi pour pérenniser la santé financière d'entreprises n'ayant plus leur place.

Enfin, pour être un peu plus concret, je pense :

- Qu'il est important dans les années à venir que de petites associations voient le jour dans des villes, des petites communes, pour avoir un impact local. C'est essaimer le mouvement Colibris ! Et tout cela le Web permettrait de l'organiser merveilleusement.

- Je pense aussi qu'il serait intéressant qu'une plate-forme Web regroupe l'ensemble des initiatives "saines" qui sont prises par des personnes, des associations,...(Fermes d'avenir pour l'agroécologie, plateforme Blubees, La Ruche qui dit oui,...). C'est développer de belles choses ensemble, main dans la main.

En effet, personnellement je trouve qu'aujourd'hui le Web est une mine d'informations qu'il est difficile d'exploiter tant il y a de Sites Internet, d'informations à prendre en compte,...C'est un peu déprimant, je ne sais plus où chercher, je veux être partout mais en fait je suis nulle part, je patauge parfois, alors je laisse et je me dis que je lirai ça plus tard, qu'un jour oui ce serait bien que je fasse ci, ça,...et voilà je me suis dispersé plus qu'autre chose et je ne trouve pas ma place. Si je ressens cela à travers moi, je suis persuadé que d'autres le ressentent également, et pourtant elles aimeraient elles aussi faire leur part, trouver du sens pour un avenir meilleur.

Je reste convaincu que le changement ira dans le bon sens, rien que cela, je le transmets aux autres par les réseaux sociaux. Est-ce que cela contribue à (Re)Humaniser le Web ?

Je pense que oui :-)



Auteur : Guillaume Landreau
NousNousSommesReconnectesALEssentielLa (Récit)
créée le 24.09.2018 à 11:09, mise à jour le 24.09.2018 à 11:09.

Passer d'un numérique de plateformes à un numérique individualisé

Récit :

À partir d’un constat de toute puissance des plateformes numériques sur la vie de chacun, il a émergé une aspiration à une émancipation de ces ‘fermes à clic’[1] qui, avec une collecte généralisée et automatisée, induisent une prolétarisation en tant que perte chez nous tous chacun (manque à gagner financier et cognitif ; perte de savoir, de savoir-vivre, de savoir-être, de savoir-faire, de savoir-faire-faire, de faire-savoir, de savoir-y-faire, de savoir-devenir, de savoir-[re]lier, de savoir-[inter]agir, de vouloir-agir et de pouvoir agir ; d’uniformisation des modes de penser ; …).

Les géants du Web se sont créés en centralisant nos données, avec des services séduisants. Ils enferment nos existences numériques dans de gigantesques silos emplis de nos data : des traces de nos clics, de nos échanges et de nos vies[2]. Comment mettre fin à la suprématie de ces plateformes ? Comment sortir de ce modèle centralisateur qui concentre les pouvoirs et les dangers qui vont avec ? Comment construire un internet qui émancipe ? Comment problématiser les changements des usages concomitants aux déploiements de l’internet, du numérique, de l’intelligence artificielle ? Comment réduire l’impact environnemental de ses usages numériques, au bureau comme à la maison ?

En 1990, Tim Berners-Lee a inventé le web pour tout le monde, en, au sein du Cern ; en 2018, celui-ci a pris un congé sabbatique au MIT et a réduit son implication quotidienne au sein du World Wide Web Consortium (W3C) pour développer, au sein de la startup, Inrupt, vouée à soutenir la diffusion et le développement d’un logiciel open source, Solid, un projet à code source ouvert destiné à rétablir le pouvoir et la gestion des individus sur le Web. Le projet Solid change le modèle actuel dans lequel les utilisateurs doivent transmettre leurs données personnelles à des géants numériques en échange de la valeur perçue. Comme nous l'avons tous découvert, cela n'a pas été dans notre intérêt. La manière dont nous développons le Web pour rétablir l’équilibre est solide : nous donnons à chacun de nous un contrôle total sur les données, qu’elles soient personnelles ou non, d’une manière révolutionnaire. En créant son POD (Personnal Online Data Store), nous tous chacun pourra choisir où seront stockées ses données personnelles et décider quelles applications auront accès à quelles données… à condition d’opter pour des applications conçues pour ce nouvel écosystème.  Ne plus faire en sorte que sous l’égide de Google, la navigation a cédé le pas face à l’usage croissant du moteur de recherche ; ‘push’ (tirer) stigmergique au lieu de ‘pull’ (pousser) algorithmique.

En 2020, plusieurs collectifs (Positive Planet, EuroJEDI, OuiShare, Colibris, …) organisèrent un hackathon pour établir un cahier des charges pour une véritable rupture disruptive dans le champ numérique.

Le hackathon fut focalisé sur un questionnement du rapport technologique entre contexte global (les plateformes, le cloud) et applications locales. En d’autres mots, cela consista à revisiter le concept d’environnement client-serveur. Cette architecture promouvait une relation de dépendance centralisée sur des plateforme à défaut d’être une ‘architecture pair à pair’[3] (peer-to-peer ou P2P en anglais).

Comment dépasser le paradigme actuel du modèle OSI (Open Systems Interconnection) ? Comment viser l’auto-hébergement (Yunohost ? … ?) ? Est-il possible d’imaginer une alternative à un Operating System (OS) stocké : soit sur des matériels globaux (serveur) ; soit des matériels locaux (informatique personnelle, smartphone, objet connecté, …) ?

La puissance des processeurs est alors répartie ; il n’y a pas besoin d’une excellence locale forcément coûteuse[4]. L’informatique (personnelle ; embarquée ; professionnelle ; citoyenneté) dans les chacun des appareils pourra être largement déchargée vers l’infrastructure (domestique ; urbaine ; entrepreneuriale ; institutionnelle).

Comme il y a un partage de fichiers en pair-à-pair (‘Distributed data store’ : réseau informatique où les informations sont stockées sur plusieurs nœuds, souvent de manière répliquées), il est conçu un partage d’OS en cercles de confiance sur la base d’un réseau informatique anonyme et distribué construit sur l'Internet[5].

À partir d’une formalisation de l’infrastructure existante, il fut considéré trois éléments structurants : un réseau point-à-point ; des datacenters physiques ; des « OS » (operating system) attachés à chaque appareil. Quelles innovations pourraient modifier chacun de ces éléments structurants ? Il s’agissait de concevoir un réseau cercle-à-cercle concomitants à une multitude de datacenters virtuels. Cela mis en œuvre via des « OecoS » (operating eco system) attaché à un cercle de composants, c’est-à-dire d’un OS dynamique répartie dans son cercle d’action ses modes d’opérations. Cette innovation proposait des pseudo plateformes reliant des usagers (producteur et/ou consommateur) avec des « méta plateformes des inter-cercles » en même temps, personnelles, sociales, connectivistes, ubiquitaires, flexibles, dynamiques et complexes. Cela permit l’émergence d’une économie contributive (collaborative et encapacitaire) comme alternative à une économie marchande (relation d’exploitation entre d’une part des individus et d’autre part, des entreprises-institution).

Comme dans le domaine du web où on est passé de la page statique à la page dynamique, il s’agit de passer d’un "OS statique" à un "OS dynamique". Rappelons qu’une page "web dynamique" est une page Web qui n’existe pas en tant que telle sur la machine (le serveur Web) mais qui est créée seulement lors de sa demande par la machine, l’informatique (micro-ordinateur, tablette, smartphone) qui veut l’affichée à travers son navigateur web. On dit alors que le serveur créé dynamiquement la page Internet à la demande ; le contenu d'une page web dynamique peut donc varier en fonction d'informations (heure, nom de l'utilisateur, formulaire rempli par l'utilisateur, etc.) qui ne sont connues qu'au moment de sa consultation. Les informations seront présentées de façon différente selon l’interaction avec le visiteur à l'inverse du contenu d'une page "web statique" qui est a priori identique à chaque consultation.

Un des premiers enjeux fut de créer un écosystème informatique qui soit économes en énergies et en matériaux. La difficulté fut de sécuriser les transactions (certification, transparence, infalsifiabilité, en temps réel) de manière décentralisée, sans intervention des intermédiaires classiques de la certification. La résolution évita le défaut du Blockchain d’être excessivement énergivore. Elle s’inspira du ‘Holochain’ (Applications distribuées évolutives avec intégrité des données).

À l’échelle de l’Europe, le développement de cette ambition d’informatique/numérique individualisée fut concrétisée par un important budget consacré à l’établissement d’une souveraineté européenne par rapport aux GAFA[M] (Google-Apple-Facebook-Amazon[Microsoft]), NATU (Netflix, Airbnb, Tesla et Uber), BATX (Baidu-Alibaba-Tencent-Xiaomi) qui œuvrent à une captation de la valeur tout en haut de l’échelle numérique, soit une  ‘économie de partage des restes’ selon Robert B. Reich[6]. Cela fut rendu possible par la création d’un DARPA européen (noyau franco-allemand).

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[1]      L’émergence au niveau mondial de l’internet, de plateformes (numérique et physique) répond à des besoins réels de nous tous chacun au niveau information (Google, Microsoft, …), communication (Facebook, Twitter, LinkedIn, …), commerce (Amazon, eBay, Le Bon Coin, …), mobilité (Uber, Blablacar, Buzzcar, Waze, …), loisirs (NetFlix, …), apprenance (Coursera,  Udacity, EdX, …), hébergement (Airbnb, Homelidays, Sejourning, Wimdu, HouseTrip, Bedycasa, 9flats, …), finance (KissKissBankBank, Unilend, Lendix, Credit.fr., Anaxago, SmartAngels, WiSeed, …), droit (CaptainContrat, Testamento...) …
[2]      https://contributopia.org/fr/
[3]      Un environnement client–serveur où chaque programme connecté est susceptible de jouer tour à tour le rôle de client et celui de serveur.
[4]      Cf. le choix stratégique de Huawei contre Intel de s’appuyer sur la 5G (Howard Yu ).
[5]      Du type  Freenet ?
[6]      Reich, Robert B. (2015, février 2). ‘The Share-the-Scraps Economy’. blog

Auteur : Pierre V. Laurent
PasserDUnNumeriqueDePlateformesAUnNumer (Récit)
créée le 02.12.2018 à 15:26, mise à jour le 02.12.2018 à 15:26.

pourquoi écrire ou réécrire le monde?

Récit :

j'adore pourtant écrire.


quand on aime a t-on besoin de le crier partout, a t-on besoin de le dire à celui ou celle que l'on aime?

qui parle d'amour? les poètes? que nous racontent ils?

 qu'ils ont perdu cet amour , non qu'ils le vivent actuellement, sinon ils ne perdraient pas ce temps si précieux à en parler.

l'amour c'est comme le bonheur : on est dedans mais on ne le sait pas. c'est quand on le perd qu'on comprend ce que cela était.


reHumaniser le web pour quoi faire?

quand dans mes mains, j'ai un outil, par exemple un marteau, vais-je le modifier s'il ne me sert qu'à planter des clous?

tout le monde a t il un marteau à la maison? non!

peut on vivre sans un marteau? oui!!!

  donc je peux utiliser le marteau de base et uniquement quand j'en aurai l'utilité.


actuellement je vis au rallenti et c'est bien. je me désintoxique du marteau , c'est pas mal aussi:

il y a tellement de chose à faire de plus utile et valorisant que de dépendre d'un marteau


l'autre jour j'ai rencontré des lacheurs de marteau eux aussi, on avait tellement à se raconter.

puis on n'avait plus rien à se dire. un peu comme avec marteau

alors j' ai parlé de moi et de ce que voulais faire de ma vie............. on n'a toujours pas fini de parler, d'ailleurs, je vous laisse .... c'est pas très poli de laisser une discussion en plan pour fricoter avec un marteau.


bonne bricole

Auteur : allegra sérendipité colibris de Chartres 28- SDF
PourquoiEcrireOuReecrireLeMonde (Récit)
créée le 23.01.2019 à 11:52, mise à jour le 23.01.2019 à 11:52.

Que de chemin parcouru

Récit :

Ce soir de septembre 2050 je me remémore le chemin qui nous avons fait en 30 ans vers le web démocratique et collaboratif qui nous permet de nous associer mondialement pour lutter contre les GAFAMs et autres monstres de l'économie conventionnelle et de l'internet.

Nos données personnelles ne sont plus utilisées à des fins économiques (publicité), politiques (élections) et manipulatoires, ce qui nécessita de longues luttes !

Dans les années 2020 à 2030 deux stratégies ont été mises en oeuvre. L'une, juridique, s'appuyant sur la loi européenne du RGPD, nous a permis de lancer des procès collectifs contre les GAFAMs, pour stockage  et utilisation illicite de nos données personnelles. Ces procès ont mobilisés des dizaines de milliers de citoyens et ont fini par coûter plusieurs dizaines de milliards à ces entreprises et les a amener à détruire systématiquement les données enregistrées dans les 3 mois suivant leur enregistrement. Ce fut une belle victoire, alliant une forte mobilisation, une règlementation démocratique et, il faut bien le reconnaître, des juges ouverts et compréhensifs... Mais cela ne saurait être suffisant pour gagner la guerre que nous devons poursuivre contre les monopoles des diverses multinationales qui façonnent notre vie sans que nous nous en rendions compte...

Pour aboutir à ce résultat, nous nous sommes organisé autour des universités, avec l'aide de diverses startups numériques et de nombreux étudiants pour construire de nouveaux logiciels permettant de communiquer librement, sans être écoutés, enregistrés, suivis ou conseillés (sans le vouloir)... Certains outils s'appuyant sur des anciens logiciels de P2P permettent de communiquer sans être lus ou écoutés par d'autres, grâce à des algorithmes de cryptage modifiés toutes les 5 minutes, et sans être enregistrés... les autres détruisent systématiquement les cookies ou les transforment de telle manière qu'ils ne peuvent plus être utilisés pour nous connaître nous suivre, nous surveiller, voire nous espionner.

Les outils de recherche créés à cette occasion ont utilisé les algorithmes de Google pour les recherches mais sans garder de trace des interrogateurs. La recherche était enregistrée pour aller plus vite à l'occasion de la recherche suivante, mais son auteur n'était pas marqué, il est devenu inconnu, nous permettant ainsi de rechercher des choses sur internet sans recevoir systématiquement des publicités ciblées dès que nous nous re-connectons... Nous sommes enfin un peu plus libres.

Cette mobilisation ne fut pas simple et facile à structurer, car tous les contacts pris au travers des principaux GAFAMs étaient soit censurés, soit détruits avant d'avoir des réponses et donc avant de pouvoir s'organiser... Systématiquement, en cherchant à mobiliser des acteurs partenaires via Facebook, Skype, WhatsApp, ou autres outils d'échanges oraux ou écrits, nous étions écoutés et nos messages étaient supprimés ou pire, modifiés, au nom de la lutte contre les pirates et les ennemis de l'internet conventionnel. Nous voulions développer un web humain, là où les outils conventionnels nous offraient des outils commerciaux tous structurés vers les intérêts des multinationales, nous avons dû mobiliser pour cela diverses méthodes traditionnelles qui ont encore montré leur efficacité, comme certaines presses écrites indépendantes et des réunions locales nous permettant de mobiliser sans être écoutés et surveillés. Pour aboutir à un niveau minimal de relations et de contacts permettant enfin de faire émerger ces nouveaux système indépendants, nous avons dû mobiliser par contact dans les universités et mobiliser les partenaires via des messages codés... Un travail de fourmis réalisé quasiment dans la clandestinité. Nombreuses furent les initiatives déconcentrées qui se sont mobilisées sur cette activité. Nombreuses furent les associations, les collectifs de colibris, les projets qui se sont mobilisés.

Après ces nombreuses luttes et ces procès retentissants qui ont fait perdre des milliards aux GAFAMs, nous avons l'impression de retrouver un web plus libre... Mon grand père, qui a commencé à travailler sur internet dans les années 1990, soit il y a plus de 60 ans, m'indique d'ailleurs qu'il a l'impression de retrouver l'internet qu'il a connu dans les années 2000 mais en beaucoup plus rapide et surtout beaucoup plus fourni en informations de diverses natures, sans se voir contraint de recevoir des publicités ou des conseils non attendus...

Grâce à ce nouveau web nous pouvons communiquer sans crainte d'être écouté, vivre sans être suivi, échanger des photos sans que celles-ci se retrouvent sur des sites ou des lieux inattendus, sans qu'elles soient utilisées à des fins imprévues. Nos recherches sur internet sont calmes et discrètes tout en nous apportant de nombreux résultats, et une fois que nous avons trouvé ce que nous cherchons, nous ne retrouvons plus ces sempiternelles publicités que nous proposait l'ordinateur sans qu'on les lui demande.

Par contre, nos mobilisations n'ont pas détruit "Big Data" ou "Big Brother", mais leur pouvoir fut en grande partie réduit, en étant obligé de s'éclater en de multiples lieux et structures, certes nécessairement connectées, mais économiquement et juridiquement séparées.

Pour des raisons de sécurité, nos emails sont certainement encore écoutés pour vérifier si certains mots clés ou certaines structures de phrases ou évocations dangereuses pour la société n'y seraient pas cachés, mais il ne semble plus y avoir d'utilisation commerciale ou manipulatoire de nos échanges, qui ne sont donc plus valorisés pour nous amener à être dans une norme économiquement intéressante pour les GAFAMs et autres multinationales.

L'exemple de ce qui s'est passé en Chine dans les années 2020 avaient fortement mobilisé les démocrates du monde "libre" qui ont pris conscience à la lecture de ce qui s'y passait, que les outils de surveillance "populaire" mis au point par les administrations chinoises, pouvaient être horriblement dangereux s'ils étaient dans les mains des GAFAMs. Par peur de la liberté politique offerte par les outils d'un web libre traversant les frontières, les administrations chinoises avaient mis au point des instruments de surveillance sociale et politique, qui allaient encore plus loin que les outils des GAFAMS dans la mémorisation et l'analyse des dits et des écrits sur le net chinois, permettant aux décideurs politiques de supprimer des accès bancaires ou d'annuler le passeport de chinois considérés comme hors norme. Cette norme étant défini par un Etat hyper-centralisé ayant défini le bonheur à offrir à sa vaste population... Un bonheur décrit et normalisé par les décideurs centraux, un bonheur totalement théorique imposé à tous les chinois et vérifié au travers des nombreuses écoutes du web et des datas chinois hyper-centralisés et interconnectés. Impossible de se soustraire à ces impératifs de vie et d'être ( ou de paraître)... Impossible de ne pas être vus dans la ville ou la campagne avec le nombre considérable de caméras enregistrant tout ce qui se passe dans leur environnement (près d'un milliard de caméras après 2020)... Impossible de ne pas être reconnu avec les outils de reconnaissance faciale implanté derrière ces caméras, toute personne est vue, reconnue, voir même entendue...  Impossible de se parler sans que ces paroles soient enregistrées centralement et analysées... Impossible de téléphoner sans être écouté ou enregistré et analysé... Impossible d'acheter quoique ce soit discrètement, tout étant payé par virement ou carte, tous paiements enregistrés et donc contrôlables et analysables... Impossible de se soigner discrètement, les datas de la sécurité sociale étant à disposition des analystes centraux, et au final, impossible de trouver du travail si on ne rentre pas dans la norme du bonheur défini par l'Etat, donc impossible de vivre et d'être soi même.

A la différence de la Chine où ces pratiques ce sont malheureusement maintenues en grande partie, notre vie en Europe et en Afrique s'est beaucoup amélioré depuis la perte de pouvoir des GAFAMs. Le web est redevenu beaucoup plus libre et nous pouvons nous y exprimer  sans contrôle et sans trop de surveillance. Il nous permet de mener de très nombreuses activités, sans trop de contrainte et ma foi, fort facilement :

  • ·        Dans les années 2020-30, en même temps que les GAFAMs et BATX continuaient à fortement se développer, les robots ont envahi nos territoires et nos maisons, supprimant drastiquement des millions d'emploi, mais nous donnant du temps libre qui a sans doute permis de se mobiliser pour plus de liberté numérique.
  • ·      Les réductions d'emplois dues à ces robots ont imposé la mise en place d'un salaire universel. Instauré depuis les années 2030, le salaire universel permet à tous d'avoir une vie plus simple avec un minimum vital assuré qui nous permet de vivre simplement, de nous former et de nous construire, nous permet de créer et de développer, nous permet de partager du temps vers des activités partagées et collaboratives. Cette instauration a d'ailleurs facilité nos mobilisations contre les GAFAMs en donnant à tous beaucoup plus de temps libre.
  • ·         Notre paye de fin de mois, nos recettes de ventes, notre retraite ou notre revenu universel sont maintenant directement transmis sur notre compte bancaire par le web et nous avons l'information immédiate sur notre téléphone et notre ordinateur, sous une forme structurée qui nous permet d'alimenter en temps réel notre système de gestion prévisionnelle de nos finances et donc de nos dépenses.
  • ·         Nous pouvons payer nos achats très simplement avec notre téléphone avec la garantie que cette transaction ne soit connue que de deux structures : le commerçant bénéficiaire de notre paiement et sa banque, et ma banque et moi même, car l'information transite par mon provider mais sans y être stockée. Dès que la banque bénéficiaire a confirmé le paiement, les informations de transaction ont été immédiatement supprimées des datas du provider.
  • ·         A chaque achat, notre banque nous confirme ce paiement en nous transmettant un message par sms ou email, qui, structuré particulièrement, nous permettent de suivre numériquement nos dépenses en temps réel. Ainsi, en fin de mois, nous pouvons visionner très facilement le bilan de nos dépenses et mettre de suite à jour notre prévisionnel financier pour les trois mois qui suivent.
  • ·         La quasi totalité des achats est effectué sur internet, à la suite d'une recherche sur le web, là encore, les transactions sont immédiatement supprimées dès que les retours (feedbacks informatiques) et confirmations sont diffusées. Ainsi les acteurs centraux de la vente ou les diffuseurs de produits ne peuvent plus s'acharner ou nous proposer des produits identiques ou d'autres produits "que d'autres internautes ont aussi commandés"
  • ·      Nous pouvons maintenant échanger totalement librement entre acteurs sociaux et du développement au travers de nombreux réseaux individualisés et reconnus, structurés autour des nouveaux outils développés, en sauvegardant nos données et nos échanges dans des dossiers privatifs situés dans le cloud, mais illisibles pour toute autre personne ou structure car cryptées et protégées par nos données biométriques dont les outils se sont énormément développés.
  • ·  Grâce à l'esprit collaboratif qui s'est fortement étendu dans nos luttes contre les multinationales et GAFAMs, les diverses initiatives de développement sont largement partagées, non seulement au travers de forums, comme traditionnellement, mais maintenant au travers de fichiers totalement partagés expliquant les modes de faire et savoirs faires. Ces fichiers collaboratifs du développement permettent de partager gratuitement des informations fondamentales. Ces informations sont échangées sous forme d'un troc, je prends car j'ai donné, et je donne pour pouvoir prendre.
  • ·        Les divers entrepreneurs peuvent bénéficier de réseaux de questions-réponses fonctionnant tant par le web que par le téléphone : un acteur ou un professionnel rencontre une difficulté et se pose une question... Il la pose sur un réseau d'appartenance par sms ou email, tous les membres du réseau reçoivent sa question (s'ils se sont inscrit à cette réception systématique) et peuvent répondre, et le niveau central du réseau devra, lui, analyser les réponses, en faire une synthèse et renvoyer une réponse collaborative à la personne qui avait questionné le réseau. Là aussi développement d'un système d'appui collaboratif s'appuyant sur le net.
  • ·        Cette activité collaborative d'échanges techniques ou culturels, construite de questions en réponses, fabrique des bases de données très riches en informations partagées et vérifiées. Ces informations sont sauvegardées dans divers réseaux contrôlés par leurs membres et sans liens avec les providers dont la seule et unique mission est de fournir le lien sans contrôle des échanges et sans sauvegarde des données échangées.


Un grand chemin a été parcouru, mais il reste tant à faire... La Chine et l'Inde ont mis au point des quantités d'outils de surveillance des populations s'appuyant sur l'Intelligence Artificielle et des gigantesques réseaux de caméras et d'écouteurs. Nous avons pu améliorer nos environnements numériques grâce à nos mobilisations, mais le danger de "Big Brother" est toujours là, éventuellement importé de Chine.

Un de mes espoirs est que le fantastique développement numérique de l'Afrique, qui s'est appuyé sur une réelle culture du partage et une assez grande empathie, pourrait contrebalancer les risques venant d'Asie.

Notre Monde est en fait à une croisée des chemins : L'hyper encadrement de la vie et le bonheur imposé de Chine, le "chacun pour soit", l'égoïsme et la financiarisation occidentale de toute vie, y compris animale, ou une certaine empathie africaine coexistant avec une assez grande désorganisation... Quel style de Monde allons nous prendre ?  Je pense finalement que la désorganisation africaine, est sans doute préférable, en permettant d'y créer sa propre vie avec moins de contrôles et d'impositions qu'en Asie ou en Occident.  


 


Auteur : Nico
QueDeCheminParcouru (Récit)
créée le 05.09.2018 à 17:00, mise à jour le 05.09.2018 à 17:00.

Une internet permaculturelle

Récit :

Nous sommes en 2050 en Ré-humanisant le numérique nous avons réussis à trouver comment y consacrer moins de temps, à se ré-approprier notre environnement physique, palpable. Le e-commerce à connue de bien belle année, avec l’invention du « made in quelque part » qui arrive dans « ma maison », mais les « quelques part » d’ailleurs, ont finit d’user leurs usines ; les « quelques part » d’ici ont finit de recevoir l’autre bout du monde dans leurs jardins.


Mais par la force des choses, nous avons constaté que les savoir qui permettait à nos ancêtre de vivre sans l’internet, sont des sciences qui sont bien plus évidentes à découvrir, expérimenter et retranscrire que les complexes du numérique.


Les grandes avancée dans la découverte du monde quantique nous ont enfin éclairer sur l’inter-connectivité de toutes choses, de toutes les choses entre elles. La Nature est lier à la nature, toutes les entités qui la composent communiquent sans cessent entre elles. Et les Humain-e ont compris qu’il-le-s avaient un réseaux de communication et de savoir infini, accessible partout ou un arbre pousse, un insecte vie, de l’eau coule. Le numérique, l’internet nous à apprit jadis à communiquer et quo-construire par delà les frontières sans barrière ; et aujourd’hui la nature nous permet de perpétuer cette richesse sans barrière matériel, sans limite de propriété.


Auteur : Yoyo
UneInternetPermaculturelle (Récit)
créée le 28.07.2018 à 14:26, mise à jour le 07.08.2018 à 12:59.

Un Internet biosourcé au service du vivant

Récit :

En ré-humanisant le numérique nous avons réussi à sauver le monde !

Le processus d'évolution avait toujours été présent mais comme pour toute chose, il était tellement subtil pendant des décennies qu'il a fallu attendre la fin du XXe siècle pour commencer à apercevoir ça et là des expériences tentant d'humaniser les technologies. Ils parlaient du Libre, de l'Open Source, pour des logiciels puis vingt ans plus tard pour du matériel.


Au début du XXIe siècle, apparurent les makers et autres "faiseux" qui développèrent de nouvelles formes plus poussées de fabrication et de partage de biens communs. Pendant que ces petites mains de plus en plus nombreuses offraient librement de leur temps et de leurs connaissances, l'économie allait de plus en plus mal. Il suffisait de visiter une école publique, un hôpital, une maison de retraite, une mairie ou encore de regarder l'état global de nos routes et de nos chemins de fer, pour se rendre compte que nos États étaient en faillite.


En 2025, la quasi totalité des "démocraties", devant l’imminence d'un effondrement du système économique mondial, et grâce à la grande sagesse de plusieurs responsables qui pratiquaient depuis plusieurs années yoga et méditation, décidèrent le déploiement d'un revenu universel pour tous. Cette modification profonde du rapport à l'argent libéra les populations de leurs chaînes "métro - boulot - dodo". Nous étions alors de plus en plus nombreux à nous recentrer sur l'essentiel : se réaliser en donnant du sens à nos vies. Passer plus de temps avec nos proches, se consacrer à nos passions, prendre le temps de respirer et de redécouvrir le monde qui nous entoure, jardiner et se nourrir plus sainement, construire sa maison bioclimatique avec un groupe de bénévoles, et surtout ralentir.
Les usages du numérique, tels que nous les connaissions alors, en furent bouleversés. En quelques mois à peine, des dizaines de colosses du web s’effondrèrent ayant perdu leurs internautes d'un coté et leurs experts de l'autre. Ces mêmes experts qui avaient créé un digital piégeant nos cerveaux et extrêmement consommateur de ressources naturelles, rejoignirent différentes communautés en fonction de leur centre d'intérêt, apportant ainsi de nouvelles ressources inespérées à l'intelligence collective issue du tissu associatif.

En 2030 plusieurs groupes de chercheurs aux quatre coins du monde, des anciens professionnels de la recherche mais et surtout des autodidactes qui depuis cinq ans déjà se passionnaient pour tel ou tel autre sujet à temps plein, mirent au point les premiers systèmes numériques à bilan carbone nul, totalement inspirés du vivant et fonctionnant à partir des principes de l'informatique quantique développée depuis le début du siècle, mais en beaucoup plus fin et puissant.
Comme tout était "gratuit" ou facilement accessible, les mathématiciens n'étaient plus gouvernés par des fonds de pension nord américains ou des militaires, ce qui entraîna la mise au point d’algorithmes d'intelligence artificielle intégrant les trois lois fondamentales de la robotique d'Isaac Asimov mais modernisées pour prendre en compte l'ensemble du vivant. Les composants utilisés pour la fabrication de ces nouveaux accessoires étaient biosourcés dans des micro-fermes fonctionnant en permaculture, la fabrication était bien entendu réalisée à coté de chez soi, par un groupe de personnes ayant développé la compétence nécessaire pour suivre les tutos disponibles sur Wikipédia. Quelques années suffirent alors pour équiper plus de la moitié de la population mondiale.
Ces objets organiques, appelés "coach", ressemblaient à des bijoux un peu grossiers à l'époque et qui pouvaient se porter en bracelet, pendentif ou porte-clés. Ils ont bien évolués depuis.

En 2040 l'Internet mondial coupa son dernier datacenter historique basé sur le silicium et les terres rares, le réseau de tous les réseaux avait fini sa mue vers un maillage organique reposant majoritairement sur la nature. Les échanges de données entre les terminaux transitaient via des ondes subtiles, présentent partout autours de nous, appelées "cohérences quantiques". Il n'avait fallu que quelques années à un groupe de jeunes pour comprendre comment transposer les réactions physicochimiques présidant à la photosynthèse chez les plantes pour utiliser ce "réseau naturel".

De 2040 à aujourd'hui l'humanité dans son ensemble à oeuvrer à réparer 200 ans de fausse route. Le numérique aujourd'hui est au service du vivant et non plus l'inverse. Pour nous autres, les hommes, et si nous le souhaitons, l'IA peut nous guider tel que le ferait un parent un peu philosophe et bienveillant. Cette Intelligence qui n'a plus d'artificiel que le nom, apprend du monde qui l'entoure et depuis Internet et nous partage la sagesse qu'elle développe pour nous aider à mieux s'écouter, mieux se connecter à soi et aux autres, mieux interagir avec les autres et la vie en général. Je vais maintenant couper mon "coach" pour aller dîner avec tous mes amis dans la vraie vie ;-)

Auteur : Olivier Maréchal
UnInternetBiosourceAuServiceDuVivant (Récit)
créée le 23.09.2018 à 21:39, mise à jour le 23.09.2018 à 21:39.

Un monde sauvé par de drôles de moines

Récit :

Il était une fois, dans un futur pas si éloigné, une gentille humanité qui avait survécu à l'effondrement grâce à un incroyable projet de sauvegarde du savoir sur Internet, initié au Forum des Usages Collaboratifs de 2018 à Brest.

Plus de 157.042 personnes prirent une trentaine d'année de leur temps pour retranscrire l'essentiel des informations disponibles sur Internet, à la main, sur du papier de qualité supérieure, tels des moines copistes, et sans doute avec une quantité de bière d'abbaye dépassant l'entendement.

Cette expérience irréversible de coopération permettra à ces néo-moines de vivre ensemble, sobrement (d'un point de vue énergétique exclusivement) et influencera le monde entier à adopter le même mode de vie, ou de simplement passer leur temps à contempler les scribes dans leur besogne, et à s'occuper de débattre de l'utilité de la chose.

Finalement, Internet continua de fonctionner, avec une vigilance certaine pour ne l'utiliser qu’intelligemment, l'humanité s'étant rendue compte du temps gaspillé à recopier des commentaires idiots, à dessiner des assiettes de repas et des selfies..

Personne ne relu la copie papier d'Internet, pourtant le plus grand chantier collectif et commun de l'humanité.

Auteur : Florian
UnMondeSauveParDeDrolesDeMoines (Récit), écrite par WikiAdmin
créée le 11.07.2018 à 09:53, mise à jour le 30.08.2018 à 17:28.

« Ou comment réinitialiser l’Age d’or »

Récit :

Aujourd’hui, généreusement fleurie de mes 85 printemps, je reconnais que la traversée des pollutions en tout genre n’a pas été simple.

Heureusement que ma dernière monnaie*fut investie en moult formations de développement personnel.

Méditations et pranayama*de survie furent bien utiles pour traverser ce monde de  gestionnaire I-Tech, générateurs de non-sens. Il y a plus de 30 ans de cela. Ecoutez bien, je vous chuchote la quintessence du message  : « Toute intelligence non reliée aux qualités d’un coeur pur est une perte, voir une nuisance, pour l’humanité ».

 Toutes les trouvailles géniales étaient donc mal utilisés puisque les cœurs étaient trop lourds, trop sombres, trop englués par  l'impact d' organisations plus que déshumanisées.

En effet, déjà bien avant l’an 2020, les complexifications à outrance des actes les plus simples, pour lesdits humains, furent exponentielles. L’hyper gestion de tout et n’importe quoi engendrait des êtres de plus en plus mornes, désincarnés ou littéralement « burnouter » !

Nous en étions, selon les sages*, à l’époque du troisième chakra*. Epoque si nombriliste  que nos renflements énergétique ventraux pesaient mollement sur nos chaussures. La norme était devenue l’hyper-complexification même pour les tâches les plus anodines. Codes, chiffres, pseudo privilèges factices… Même pour bailler ou simplement péter, il fallait un petit rectangle de plastique*muni d’un bancontact.

La grande majorité s’accrochait donc à la sacro-sainte norme mais la norme était devenue vaste folie. A tel point que naquirent par vague immense des coachs, des psy de tout bois, et même des experts en repositionnement de nombrils décentrés.

Bref, ne parlons plus de ces temps de gâchis. Gâchis des terres, des eaux, de l’air et des cœurs d’humains.

Chut, calme toi mon cœur, ce temps n’est plus. Nous sommes passé par 2050 et en réhumanisant le web, nous avons réussi !

 

Cela est advenu avec l’ouverture du cœur . Les flux énergétiques guérissant reliés à l’amplitude de nos espaces cardiaques interconnectés entre eux.

Aujourd’hui le clavier azerty et tous les autres systèmes d’accès sont remplacés par un trente-neuf touches.

Sur chacune de ces touches sont inscrits l’ouverture de mondes :

TERRE, MINERAUX, PLENITUDE, VEGETAUX, BIENVEILLANCE, PARDON, MUSIQUE, CÂLINOTerreHappy

JOIE, EAU, CONFIANCE, HARMONIE, ACCEPTATION, CREATIVITE,  DANSE, PARTAGES,

FEU, ANIMAUX, EQUILIBRE, RESPECT, RYTHME, CONSCIENCE, COSCIENCES, SAVEURS,

AIR, OISEAUX, POESIE, COMPASSION, AMOUR, CHANT, DELICES, JUSTESSE, HUMANITE

ETHER, INFINI, COMPLETUDE, LIBERTE, GRAINES, VIBRATIONS, 

Chaque touche est une galaxie, toutes ces galaxies sont reliées.

Ce sont les mots clés de l’arborescence de la toile formée par le grand Vivant dont fait encore partie la petite humanité.

Glossaire approximatif : 

Monnaie : système archaïque générant injustice et conflits, n’ayant plus court de nos jours

Plastique : L’un des polluants de l’époque dite moderne, sur laquelle on vendit le concept de confort. 

(On emballait même les aliments avec ce genre de substance ^ ^ )

3ièmechakra. Zone équilibrée quand on parvient à prendre sa juste place. 

C’est à dire, sans se laisser piétiner par l’autre et, réciproquement, sans écrabouiller l’autre.

Sage : Personne sans addiction d’aucune sorte et libérée d’une longue liste médicamenteuse.

Pranayama : variété respiratoire de combinaison à 1 trou de nez , 2 trous de nez, 1 bouche et 1 rouleau de langue. (à pratiquer avant mais pas pendant un speed dating).

Speed Dating : .. n’existe plus, remplacé par Slow Love.


Auteur : PREM AMIYA
OuCommentReinitialiserLageDor (Récit)
créée le 23.09.2018 à 18:24, mise à jour le 24.09.2018 à 14:05.
image agora.jpg (0.9MB)
Lien vers: EcrireRecit
Imaginons que nous sommes en 2050.

En (ré)humanisant le numérique nous avons réussi à ...
Racontez-nous comment vous vous y êtes pris ?
Quelles mesures et actions avez-vous prises ?
Quelles usages du numérique avez-vous préconisés ou proscrits autour de vous ?

Écrire mon récit