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2. Dans les pas d’un géant …


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La proposition que nous faisons tente d’être fidèle aux propositions récentes de Bruno Latour.

Il est sociologue, anthropologue et philosophe des sciences. Il est classé parmi les dix chercheurs les plus cités en sciences humaines et est parfois décrit comme « le plus célèbre et le plus incompris des philosophes français ». (Wiki)

Par des livres (Face à Gaïa, Où atterrir ?) et des propositions de dispositifs (programme d'expérimentation en arts et politique, théâtre, expositions ) il tente de définir ce que pourrait être une nouvelle « géo-politique ». Il appelle à inventer « une façon assez subtile de désespérer », un « parcours de soin », qui nous permette de ne pas mourir idiots.

Il distingue les « Terrestres » qui admettent que nous ne sommes pas « seuls aux commandes » et que nous devons partager le pouvoir avec les forêts, l’eau, la terre, les animaux, des « Humains » croyant aux mécanismes du marché, à l’intangibilité des États-nations et à la supériorité de la Science.

Les « humains » considèrent que les hommes font l’histoire sur fond d’une nature inchangée. Or ce qui était considéré comme un décor, notre « environnement », s’est animé. La nature interagit avec l’homme : « comme si le décor était monté sur scène pour partager l’intrigue avec les acteurs ». La question écologique nous oriente vers le sol terrestre. « La question de l’appartenance à un sol doit être prise en compte et qu’elle devient celle d’une Terre à soigner. » De nouvelles alliances sociales doivent se construire sur le souci du terrestre, et pour cela il nous faut définir, par le détail, des territoires de vie. A l'âge de la question sociale succède l'époque de la question géo sociale.

Pour les plus curieux n'hésitez pas à visiter notre page de ressources, qui vous permettra d'approfondir les concepts et propositions clés de Bruno Latour:
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Quelques citations pour mieux comprendre les exercices proposés par Bruno Latour :


« Il se trouve que les vivants, parce qu’ils rejettent à l’extérieur les déchets de leur métabolisme, créent, par hasard, des conditions nouvelles et imprévues dont d’autres organismes se sont emparés pour prospérer. De fil en aiguille, au cours de plusieurs milliards d’année, un environnement totalement nouveau s’est constitué où il est devenu impossible de distinguer la limite d’un organisme donné et les conditions procurées à cet organisme par les rejets des autres vivants. La question cruciale n’est donc pas celle de la vie ou de l’environnement, mais de l’habitabilité qui permet de maintenir les conditions d’existence pour d’autres vivants –humains compris. » Bruno Latour

« Le projet qui animait les nations depuis l’après-guerre était la mondialisation : il s’agissait de quitter le local, l’attachement à une patrie, à une nation. Cela structure le projet moderne sur un déni de la nature. Péguy disait que la modernité avait voulu supprimer les arrière-mondes, mais elle a supprimé ce monde en construisant un autre monde, modélisé selon les paramètres d’ordre et de mesure. Pendant trois siècles, la nature nous a laissés tranquilles mais elle revient, comme un acteur politique à part entière qui nous oblige à nous orienter autrement. » Bruno Latour

« Dites-moi ce qui vous permet de subsister, ce que vous pouvez représenter, ce que vous êtes prêt à entretenir et à défendre, je vous dirai quel est votre territoire. » Bruno Latour

« Tout change s’il s’agit, non pas de maintenir ou d’accélérer la production pour avoir plus à redistribuer et le faire plus équitablement, mais d’assurer le maintien des conditions de subsistance de tous les participants nécessaires à l’habitabilité des humains. » Bruno Latour

« Il n’existe pas de biopolitique numéro deux, celle qui aurait étendu la notion de bien-être des populations humaines pour y inclure les conditions beaucoup plus larges qui permettent aux humains d’exister (de respirer, de croître, de prospérer). » Bruno Latour

« La question capitale en termes d’habitabilité – et donc de « santé » à long terme des humains – est bel et bien de savoir combien d’hectares de sol on maintient en capacité d’assurer la subsistance des humains et de ceux dont ils dépendent pour vivre. » Bruno Latour

« C’est ce travail d’auto-description qui leur permet d’atterrir en passant d’une version maintenant abstraite de la classe uniquement sociale – quelle est ma place dans le système de production ? – à la classe géosociale – comment engendrer les conditions d’habitabilité permettant de subsister durablement ? » Bruno Latour

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