Un revenu minimum universel pour une existence maximale.

Récit :

Note d’intention

 

Un revenu minimum universel pour une existence maximale.

 

Il s’agit d’un revenu minimum pour une existence maximale déployant les forces de créativité individuelle et collective  plutôt qu’une mesure qui conduirait à une inactivité structurelle des populations (assistanat). Ce serait un récit de politique-fiction décrivant de nouvelles configurations de vie dès lors que nous passions d’une économie de la prédation à une économie éco-systémique de la relation entre tous les êtres vivants, les biens et les ressources. Mon propos principal portera, sur fonds de pression écologique, du caractère inéluctable de l’instauration d’un revenu minimum d’existence à l’échelle planétaire, les activités productives étant pour l’essentiel devenues incompatibles avec une augmentation révisée du réchauffement en 2030 à 8 degrés finalement pour 2050 et au-delà. Ce qui est tout à fait plausible au demeurant. La forme en sera aussi un récit politico-fictionnel du quotidien.

 

 

 

Paris, un 30 novembre 2052,

 

Cher-e-s ami-e-s,

 

« Je célèbre aujourd’hui mon aniversaire, à l’occasion d’une soirée à laquelle j’ai le plaisir de nous voir réunis, par un temps quasiment estival pour la saison.

 

Eu égard à mes engagements de longue date concernant l’émancipation humaine du travail salarié et contraint, par la redistribution des gains de productivité accrus par l’automation, en préambule à nos agapes, je souhaiterai faire un constat concernant l’extraordinaire et tragique mutation du monde depuis des décennies par rapport à cet enjeu, et la transformation de notre quotidien qui s’en est suivie.

 

Prenez donc déjà toute la mesure de cet évènement récent : le Japon - la nation la plus travailliste de la planète et qui n’écoulait plus en 2047 selon les études que 42 % des marchandises qu’elle produisait chaque année - a annoncé la semaine dernière qu’il rejoignait le camp des 138 pays ayant instauré un revenu de base minimum et inconditionnel. Que de ralliements depuis son instauration inaugurale dans notre pays en 2026 ! Nous avions ouverts la voie - comme vous le savez - au postcapitalisme et s’amorçait alors la désindustrialisation partielle et planifiée de la planète avec l’interdiction, parmi les 47 gaz à effets de serre, des plus réchauffant comme les chlorofluorocarbures. Puis l’économie de la relation propagea le vaste mouvement des croissances et des décroissances sérielles et discernées pour maintenir le réchauffement climatique en deçà des 4, 5 degrés Celsius atteints malgré tout en 2041.

 

Il est évident que l’intolérable et cataclysmique pression écologique, avec les submersions marines répétées de Mumbay, Londres, New-York et Shanghai entre 2030 et 2040, alors que le monde constatait avec stupeur que les pays hyper industrialisés les plus prospères gonflaient le plus gros du cortège des réfugiés climatiques, fut le facteur déterminant pour mettre un frein à l’illimitation du travail et à l’instauration de critères permettant enfin de distinguer entre les productions destructrices et la production créatrice/bénéfique.

 

Mais, entretemps  il aura fallu des centaines de millions de morts, victimes des températures mortelles dans les pays du Golfe et sur l’arc indo-pakistanais - seulement deux millions en Europe - pour que nos économies prédatrices prennent conscience que leurs principes avaient en réalité des conséquences auto-prédatrices inexorables.

 

Si nous devons admettre que c’est la pédagogie des catastrophes qui a amené à cette prise de conscience, à savoir que l’humanité travaillait à son propre enfer,  enfer qu’elle confondait alors avec le développement et le progrès ;  revenue enfin de l’aveuglement qui l’amenait à nommer cet enfer « économie compétitive » dans le cadre de laquelle l’élimination du concurrent et de l’autre est la condition de ma propre survie, l’Armageddon, l’effondrement et le collapse n’auront finalement pas eu raison de sa raison.

 

Le travail comme les activités humaines sont devenues multidimensionnelles.

Quand je porte un regard sur mon quotidien, excusez-moi de m’en trouver quelque peu émerveillé. Outre un revenu de base mensuel rehaussé en Janvier dernier à 2781 euros net, je m’acquitte comme vous huit heures par semaine de mes travaux d’utilités publiques contributifs à la production de la richesse commune dans des jardins tropicaux en Dordogne.  Par ailleurs, en qualité de consultant en organisation, je travaille 5 heures par semaine au sein du département des relations humaines d’une entreprise spécialisée dans la biomimétique. Et comme vous le savez également pour la plupart, le reste de mon temps est consacré à des activités d’autoproduction parfois rétribuées, parfois non : qu’il s’agisse d’activités littéraires et artistiques ou encore de sensibilisation autour de la prévention des risques toxiques en milieu scolaire dans le cadre des cours hebdomadaire dédiés aux biens communs publics mondiaux, dont la santé est l’un des aspects…

A suivre

Auteur : Gilles Yovan