Pandémie en Picardie

Récit :


 

Prémisse :

22 mai 2050 dans une ville moyenne de Picardie: Théda prépare le repas avec sa petite fille Madeleine. ils épluchent les légumes bios de l’AMAP : tomates, courgettes, poivrons, aubergines : une bonne ratatouille en perspective. Madeleine sort juste d’un collège municipal Montessori et raconte à son grand-père leur visite du matin au Gacaca du quartier. On y jugeait un acte de rascisme. Elle lui demande depuis quand on pratique le gacaca en Picardie. « C’est une longue histoire, à la fois tragique et tellement belle lui répond son grand-père, qui date de la pandémie de 2022 et ta mère y a beaucoup contribué ».


Genre

Drame historique et intimiste sous forme de conte



Contexte

En 2022, une pandémie virulente et très grave, apparue en Afrique centrale provoque une crise sanitaire internationale qui entrainera par jeu de domino, une désorganisation mondiale du système économique, bancaire, financier et technologique.


L’action se déroule dans une petite ville de Picardie, possédant sa propre monnaie, ayant développé dans sa périphérie une agriculture bio qui la rend autonome. Le vélo est devenu le moyen de transport de la vie courante. Des transports régionaux existent encore, électriques pour l’essentiel. La société démocratique est organisée par quartier, l’autonomie des quartiers est favorisée, mais dans la solidarité régionale. Un mouvement cherche à organiser une Europe des régions. L’Union Européenne et les grandes nations sont devenues impuissantes a administré la vie des gens. La technologie de pointe a sombré. La radio est redevenu l’outil de communication de base. Les gens ont du travail même s’il est moins rémunéré, mais les besoins aussi sont moindres. Les emplois inutiles dans l’audit, le consulting, le contrôle, l’inspection  ont disparus. Grace en particulier à l’immigration, des métiers disparus, réapparaissent.


Le contexte international est difficile, la Chine et l’Inde dominent le monde. l’immigration africaine en France est très importante.


Enjeux et thèmes

Retrouver le sens de la mesure de la « vie bonne » dans un contexte géopolitique et national chaotique, et dans un contexte climatique grave.


Les protagonistes


Theda 80 ans : ancien médecin traditionnel au Cameroun, grande présence, attentif à son environnement, protestant, ouvert.


Nana : sa fille 55 ans, née au Cameroun puis venue en France faire ses études de médecine : une pasionaria, forte personnalité. C’est d’elle que viendra l’effondrement de l’industrie pharmaceutique  suite à la pandémie.


Benjamin, 57 ans, économiste, ancien salarié des « jours heureux » et ami de Nana. Benjamin est un grand calme et a beaucoup de sang froid. Il est à l’origine de l’appel au désinvestissement des années 20.


Dionissia : 45 ans, albanaise d’origine, méticuleuse, grande conteuse, elle a surtout permis à la Picardie de former des tisserands, son métier d’origine.


Madeleine : 15 ans, fille de Nana et de Théo, l’école la passionne.


Théo : néo rural à l’origine, agriculteur, travailleur.


Aristide, Isidore, Kamel, Agathe, Robert, Julia, Françoise les amis de collège de Madeleine


Résumé

Théda commence à expliquer à Madeleine  l’origine des Gacaca en Picardie : suite du génocide rwandais … cette forme de tribunal  populaire traditionnel a été réintroduite pour juger les génocidaires. La Picardie, confrontée aux affrontements religieux des années 30, suite de la pandémie, a eu l’idée de faire appel au Rwanda pour adapter cette pratique en France. L’État en effet n’arrivait plus a assurer correctement la justice.


Madeleine demande alors à son Grand-Père quel a été son attitude et son rôle pendant cette pandémie. Théda lui propose d’en reparler au repas du soir, puisque justement Benjamin et Dionnissia viennent dîner le soir. Dionnissia se fera un plaisir de le lui raconter.  Madeleine propose d’y inviter aussi ses amis : et c’est parti pour une longue veillée… sans télé qui ne marche plus depuis 5 ans.


Dionnissia, à la manière d’une conteuse, aidée de ses amis raconte :


En 2022, une grave pandemie se déclenche à partir de l’Afrique.  Les victimes sont très nombreuses et la maladie menace la population mondiale. Avec la complicité des labos, les pays occidentaux décident de conserver pour leurs populations les doses de vaccins disponibles (c’est l’histoire de l grippe H1N1, virulente mais heureusement peu mortifère).


Nana travaillait pour un laboratoire pharmaceutique. Choquée, elle en parle a son ami Benjamin qui était salarié « aux jours heureux ». l’archipel monte un appel à la désobéissance des médecins du secteur pharmaceutique en France. Cet appel entendu par les médecins qui ne veulent plus travailler pour un cours de bourse mais pour la santé humaine provoque la faillite d’un des plus grand labos. Mais les autres résistent, et la pandémie s’étend. Alors Benjamin propose aux autorités religieuses (le dalai lama, le pape, l’université musulmane du Caire etc..) de lancer un appel au désinvestissement à tous les hommes de bonne volonté pour faire entendre raison. 10 à 15% des investissements quittent rapidement les secteurs pharmaceutiques, chimiques pour s’investir dans l’économie locale et l’ESS. Cela provoque un fort développement de l’ESS et en même temps un effondrement économique, puis social et technologique en Europe essentiellement et aux Etats Unis. La Chine est en mesure de résister, mais en Europe, l ‘Etat n’est plus un acteur crédible. La situation est cahotique. Les villes européennes comprennent alors qu’elles doivent rechercher l’autonomie. N’accédant plus aux technologies de pointe, elles reprennent le contrôle de la technique (low tech) en particulier grâce aux compétences des immigrés. Ainsi Dionnissia qui avait appris à tisser par sa mère, réintroduit le tissage traditionnel en Picardie, Isidore, forme les agents de quartier au Gacaca. Théda venu rejoindre sa fille après la mort de sa femme se met à travailler localement avec les rebouteux locaux.


L’agriculture bio se développent dans les villes, qui ont leur propre monnaie, l’artisanat renaît, facebook, la télé sont devenus des souvenirs pour la majorité de citoyens, et les gens retrouvent le goût de la rencontre. Le changement climatique pose de graves problèmes (des courgettes et du bon vin en Picardie en mai…) mais les émissions de CO2 sont quasiment stoppées. La santé s »améliore en Picardie depuis l’interdiction totale d’utilisation de la chimie dans l’agriculture, les cosmétiques etc..


 


Conflits :


La pandémie provoque des réflexes égocentriques jusqu’au sein des familles.


Des chrétiens extrémistes y voit les signes de la fin du monde et sur la lecture fondamentaliste de l’Apocalypse, s’attaquent à ceux qu’ils identifient comme antéchrist. Ils s’opposent à tous ceux pour qui la spiritualité est d’abord un chemin de liberté et qui voit dans la crise une cghance pour l’humanité.


Les multinationales utilisent tous les moyens de propagande possibles pour maintenir leur pouvoir. Les états démissionnent peu à peu. Ils perdent le contrôle de la population. Conflits au sein des familles sur les choix politiques à faire, et sur les choix de vie concrets.


 


 


 


 


 


 


 


Auteur : Bruno Lamour