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Citations


La Légende du Colibri
"Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre.
Seul le petit colibri s'activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu.
Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit :
« Colibri ! Tu n'es pas fou ? Ce n'est pas avec ces gouttes d?eau que tu vas éteindre le feu ! »
Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »
Pierre Rabhi

"Nous sommes nombreux à vouloir construire une société véritablement écologique et humaine. De plus en plus d'adhérents aux projets Colibri pensent qu'il est juste de s'engager dans des actions concrètes pour construire une société nouvelle, réellement soutenable et épanouissante pour tous. Ces orientations ne sont pas exhaustives. Elles ne sont pas non plus des Vérités. Mais elles constituent des pistes qu'il nous semble urgent de creuser, d'expérimenter et de bonifier. Un bon point de départ pour nous mettre au travail."
Pierre Rabhi

"Il ne peut y avoir de changement de société sans changement humain, et il ne peut y avoir de changement humain sans le changement de chacune et chacun de nous."
Pierre Rabhi

" Le bonheur c'est lorsque vos actes sont en accord avec vos paroles."
Mahatma Gandhi

"Le grand obstacle à notre mouvement vient des "réalistes" qui vénèrent plus l'ordre que la justice et qui préfèrent une paix négative, caractérisée par l'absence de tension, à une paix positive, caractérisée par la mise au jour des conflits. Encore faut-il bien préciser que nous, qui produisons les actions directes, ne sommes pas ceux qui produisons les tensions. Nous nous contentons de les dévoiler. Nous les faisons apparaître au grand jour pour qu'on puisse les reconnaître et les traiter. "
Martin Luther King

"L'exemplarité n'est pas une façon d'influencer, c'est la seule. "
Albert Schweitzer

"La chose importante à garder en tête est qu'il ne faut jamais attendre une minute pour commencer à changer le monde".
Anne Frank

"Qu'allez-vous faire de ce qu'on a fait de vous ?"
Jean-Paul Sartre

"Votre présence est le cadeau le plus précieux que vous puissiez offrir à un autre être humain."
M. B. Rosenberg

"Développez votre clarté à propos du type de monde dans lequel vous aimeriez vivre, puis commencez à vivre de cette manière ..." Marshall B. Rosenberg

« Ce n'est pas un signe de bonne santé que d'être bien adapté à une société profondément malade. »
Jiddu Krishnamurti, Philosophe d'origine indienne, 1895-1986.

« Si j'utilise la communication non violente pour libérer les gens pour qu'ils soient moins déprimés, pour qu'ils s'entendent mieux avec leur famille, mais qu'ils n'apprennent pas en même temps à utiliser leur énergie pour transformer rapidement les systèmes dans le monde, alors je fais partie du problème. Je suis essentiellement en train de calmer les gens, les rendant plus heureux de vivre dans les systèmes tels qu'ils sont, donc j'utilise la CNV comme narcotique. »
Marshall Rosenberg, Ph D. Retraite sur la justice sociale en Suisse, juin 2005.

"Je m'offre cinq libertés
La liberté de voir et d'entendre ce qui est, Au lieu de ce qui devrait être, était ou sera.
La liberté de ressentir ce que je ressens, Au lieu de ce que je crois que je devrais ressentir.
La liberté de dire ce que je ressens, Au lieu de dire ce que je crois que je devrais ressentir.
La liberté de demander ce que je veux, Au lieu d'attendre qu'on m'en offre la permission.
La liberté de prendre des risques en mon nom, Au lieu de choisir la sécurité et de ne pas «bouger le bateau»."
Virginia Satir (texte offert par Anne-Marie T., formatrice en CNV)

"Si vous pensez que vous êtes trop petit pour changer quoique ce soit, essayez donc de dormir avec un moustique dans votre chambre." Betty Reese

"Ne doutez jamais qu'un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c'est toujours comme cela que ça s'est passé."
Margaret Mead (1901 - 1978) - Anthropologue

"Je suis soucieux avant tout du sens et de la valeur que chacun peut conférer à son existence , je suis préoccupé par la liberté et le pouvoir de chacun de donner une forme propre à sa vie , qui exprime sa singularité et sa subjectivité."
Interprétation de la pensée de André Gorz selon Olivier Fressard

"La publicité de la vie politique est la sauvegarde du peuple"
1789 Jean Sylvain Bailly, premier président du Tiers-Etat

"tout se tient : on ne peut espérer remédier aux atteintes à l'environnement sans modifier l'économie, les structures sociales, l'espace urbain, les habitudes de consommation, les mentalités"
Félix Guattari, dans Les trois écologies, 1989.

"Discours Poétique - La République de l'Harmonie (Réinvention Politique)"
https://odysseehumaine.com/2016/08/26/eelv-jde-intro-poetique-reinvention-la-republique-de-lharmonie/
par Vincent Avanzi le 26/08/2016

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde »
Mahatma Gandhi

"Au Salon de l'Agriculture, un agriculteur qui a été primé trois années d'affilée pour la qualité de son maïs, a révélé au cours d'une interview qu'il partageait sa semence avec ses voisins. Perplexe, le journaliste a demandé : "Comment pouvez-vous vous permettre de partager votre meilleure semence avec vos voisins qui sont en concurrence avec vous chaque année ?"
Le fermier sourit et explique : "Le vent décroche le pollen du maïs de maturation et le répand d'un champ à l'autre. Si mes voisins cultivent du maïs de qualité inférieure, la pollinisation croisée va constamment diminuer la qualité de mon maïs. Si je veux cultiver du bon maïs, je dois aider mes voisins à cultiver un maïs de bonne qualité. Il en est ainsi de la vie des êtres humains. Ceux qui veulent vivre de façon significative et bien, doivent contribuer à enrichir la vie des autres. La valeur d'une vie est mesurée par les vies qu'elle touche. Et ceux qui choisissent d'être heureux, doivent aider les autres à trouver le bonheur. Car le bien-être de chacun est lié au bien-être de tous."
Auteur inconnu

"Tu me dis, j'oublie. Tu m'enseignes, je me souviens. Tu m'impliques, j'apprends." Benjamin Franklin

"Reconnaître l'impossibilité pour l'homme de contrôler ce qui ne dépend pas de lui : l'avis des autres, la richesse, la chance, les malheurs, la mort.
Accepter mon impuissance sur les choses que je ne peux pas changer. Vouloir changer ce qui ne dépend pas de moi rend l'homme malheureux.
Attacher de l'importance qu'à ce qui dépend de moi : mes opinions, mes désirs et mes pensées. S'occuper de la partie de moi-même que je peux contrôler amène à un bonheur immuable et infini.
Conserver une distance avec les faits : rien de ce qui nous arrive n'est bien ou mal par nature. Seule l'opinion qu'une chose qui nous arrive est bonne ou mauvaise rend cette chose telle aux yeux de l'homme. En supprimant l'opinion du mal, l'homme supprime le mal et peut vivre libre et droit."
Épictète - 50-125 après JC

« Si je ne suis pas pour moi, qui le sera ? Et si je ne suis que pour moi, que suis-je ? Et si pas maintenant, quand ? »
Hillel Hazaken (1e siècle av JC)

Extraits de la Charte pour la Terre et l'Humanisme
https://www.colibris-lemouvement.org/mouvement/lethique-colibri/charte-pour-terre-et-lhumanisme
  • "L'utopie n'est pas la chimère mais le « non lieu » de tous les possibles. Face aux limites et aux impasses de notre modèle d'existence, elle est une pulsion de vie, capable de rendre possible ce que nous considérons comme impossible. C'est dans les utopies d'aujourd?hui que sont les solutions de demain. La première utopie est à incarner en nous-mêmes car la mutation sociale ne se fera pas sans le changement des humains."
  • L'agroécologie, alternative indispensable "De toutes les activités humaines, l'agriculture est la plus indispensable car aucun être humain ne peut se passer de nourriture. L'agroécologie que nous préconisons comme éthique de vie et technique agricole permet aux populations de regagner leur autonomie, sécurité et salubrité alimentaires tout en régénérant et préservant leurs patrimoines nourriciers."
  • Une autre éducation "Nous souhaitons de toute notre raison et de tout notre coeur une éducation qui ne se fonde pas sur l'angoisse de l'échec mais sur l'enthousiasme d'apprendre. Qui abolisse le « chacun pour soi » pour exalter la puissance de la solidarité et de la complémentarité. Qui mette les talents de chacun au service de tous. Une éducation qui équilibre l'ouverture de l'esprit aux connaissances abstraites avec l'intelligence des mains et la créativité concrète. Qui relie l'enfant à la nature à laquelle il doit et devra toujours sa survie et qui l'éveille à la beauté et à sa responsabilité à l'égard de la vie. Car tout cela est essentiel à l?élévation de sa conscience."

Etre plutôt qu'avoir
Par Cyril Dion, auteur, réalisateur et militant français, paru dans le journal Le Monde du 15 août 2016

"Certes il y aurait de quoi désespérer un peu. Et même de quoi se demander si mettre des enfants au monde dans le contexte actuel était bien raisonnable... Car la plupart d'entre nous le savent désormais (à moins d'être atteints de déni aigu), la situation ne va pas s'améliorer. Du moins pas toute seule.
Pour la première fois dans l'histoire, nous sommes confrontés à une conjonction de problèmes qui, en s'additionnant, pourraient conduire à la disparition d'une partie de notre espèce. On pourrait croire à un mauvais scénario de science-fiction. Malheureusement tout cela est en train de se produire. Sous nos yeux.
Il serait long et fastidieux d'énumérer tous ces troubles. Pour une partie, nous en voyons les symptômes chaque jour dans les médias : migrants, terrorisme, chômage, changement climatique, scandales politiques et financiers ... Oui, ça va mal. Pourtant, il existe aussi de bonnes raisons d'espérer, comme nous le verrons plus loin. Mais commençons par les mauvaises nouvelles.

Si nous devions résumer, nous sommes confrontés à deux enjeux majeurs : l'un concerne l'augmentation intenable des inégalités (aujourd'hui, 85 personnes possèdent autant que 3,5 milliards d'autres) ; l'autre, la disparition des ressources naturelles et des espèces vivantes à une vitesse étourdissante, qui ne leur permet plus de se renouveler. Ce sont d'ailleurs ces deux facteurs qui, lorsqu'ils se combinent, précipitent la chute des civilisations. C'est ce que nous apprenait une étude américaine retentissante il y a quelques années.

Cocktail explosif

L'augmentation des inégalités résulte d'un système économique qui concentre mécaniquement les richesses dans un nombre toujours plus réduit de mains.

Schématiquement, plus vous avez d'argent et plus vous en aurez. « The poor stay poor and the rich get rich, that's how it goes », chantait Leonard Cohen. On pourrait dénombrer un certain nombre de causes à cette situation : le mécanisme de création monétaire fondé sur la dette, l'évasion fiscale (au coeur du scandale des « Panama papers »), la spéculation effrénée, l'ultralibéralisme économique, l'hégémonie des multinationales...

Contrairement à ce que certains économistes prétendent, ce modèle ne crée pas d'emplois, au bout du compte il ne cesse d'en détruire. Il déstructure des économies entières, démantèle des services publics et jette des populations dans la pauvreté. Certes, il génère énormément de richesses mais qui sont très peu partagées. Ce qui attise la convoitise, exacerbe les tensions sociales et géopolitiques, fait le lit du terrorisme...

Assez logiquement, la crise écologique résulte, elle aussi, de ce modèle économique. La recherche effrénée de croissance matérielle, de profits immédiats nous a conduits à bâtir une société mondialisée, nourrie au consumérisme de masse.

Pour continuer à produire et à consommer sans relâche, nous rasons les forêts, vidons les océans, épuisons les sols, massacrons les animaux, polluons l'air et l'eau, tout en envoyant des quantités considérables de gaz dans l'atmosphère et en empilant les déchets.

De nombreuses études pointent désormais le risque d'un effondrement écologique sans précédent, susceptible de déclencher conflits, migrations de masse, ruptures alimentaires, cracks économique et financier... Et il pourrait intervenir dans les vingt à trente ans.

Face à cette situation, notre réponse est faible. Pour ne pas dire inconsistante. Une grande part d'entre nous attend patiemment que quelqu'un résolve le problème à notre place : nos dirigeants politiques (qui ne semblent pas décidés), de brillants ingénieurs qui inventeraient des technologies miraculeuses, des patrons d'entreprise qui verraient soudain la lumière, des activistes qui nous dérangent ou nous donnent bonne conscience selon les situations...

« Veillée d'armes »

Mais un système aussi global et complexe que le nôtre ne pourra pas changer de cette façon. Comme le répète souvent l'astrophysicien Hubert Reeves, « nous vivons une veillée d'armes ». Ce qui signifie que nous devrions être mobilisés, unis, comme à l'aube d'une guerre mondiale. Les problèmes que nous affrontons sont énormes et ils nécessitent que nous soyons ensemble pour les relever.

D'abord en mettant en oeuvre dans notre vie de tous les jours, tout ce qui est en notre pouvoir pour inverser la tendance. Les possibilités sont nombreuses mais là encore nous pourrions les résumer en quelques gestes simples : manger bio, local et moins de produits animaux, économiser l'énergie, choisir un fournisseur d'électricité renouvelable, acheter tout ce qui peut être fabriqué localement à des entrepreneurs locaux et indépendants, choisir une banque qui n'a pas de filiale dans les paradis fiscaux et ne spécule pas sur les marchés, systématiquement recycler, réutiliser, réparer, composter, acheter moins et mieux (des produits bios, équitables, fabriqués dans des conditions sociales et environnementales satisfaisantes)?

Mais la société ne changera pas simplement en additionnant des gestes individuels. Il est également nécessaire de transformer nos entreprises, nos métiers, pour qu'ils contribuent à résoudre ces problèmes.

Ce que la spécialiste du développement durable Isabelle Delannoy appelle l'économie symbiotique (concept réunissant les innovations économiques de ces dernières années telles que l'économie circulaire, du partage, sociale et solidaire, bleue, le biomimétisme...) permet aujourd'hui d'envisager un monde où nos activités ne détruiraient plus les écosystèmes mais les régénéreraient tout en répartissant plus équitablement les richesses. Elle encouragerait la formation de sociétés plus autonomes et donc plus libres, tout en étant reliées les unes aux autres.

Mais cela suppose une véritable métamorphose de notre vision du monde : passer de l'avidité et de la recherche de sécurité par l'accumulation, du culte matérialiste et de la peur de manquer à un monde de coopération, de partage, où le bonheur d'être remplacerait la frénésie d'avoir.

La bonne nouvelle est que ces changements nous demanderont une immense créativité. Or, être créatif est l'une des choses les plus excitantes qui soient pour un être humain. Particulièrement lorsqu'il peut créer dans un champ qui le passionne et pour lequel il est doué.

Pour moi, c'est ici que la révolution peut commencer : renoncer au servage du travail moderne, à un certain conformisme, qui nous contraint à vendre notre temps, notre énergie, notre inventivité en échange d?un salaire, et embrasser des vocations. Des activités dont la finalité n'est plus de faire tourner la machine infernale, mais qui participent à créer une société plus épanouissante, plus en équilibre.

Certes, renoncer à une certaine sécurité nous demandera du courage. Mais que préférons-nous ? Souffrir à petite dose pendant des années, rationnellement nous asseoir sur nos rêves tandis que le bateau se dirige vers l'abîme ou connaître une existence vibrante, donner du sens, nous réaliser, avoir la satisfaction d'être utile ? Et peut-être l'emporter ...

Réinventer la politique

Enfin, des mesures politiques devraient être prises. D'abord en termes de fiscalité et de régulation : taxer le carbone pour accélérer la transition énergétique vers les renouvelables, alléger la fiscalité du travail, taxer les transactions financières à caractère spéculatif, réorienter les subventions agricoles pour stimuler une agriculture biologique, vivrière, locale, qui ne détruit ni les écosystèmes ni les emplois, transformer le mécanisme de création monétaire pour progressivement se libérer de la dette.

Ainsi pouvoir consacrer des fonds aux activités d'intérêt général et pouvoir aider les plus fragiles : santé, éducation, culture, services publics...

Selon les calculs que nous avons faits pour le film Demain, nous pourrions, au bas mot, créer 1,5 million d'emplois en adoptant une ambitieuse transition énergétique, en relocalisant une grande part de notre alimentation et en montant notre taux de recyclage à 80 % (contre 25 % aujourd?hui).

Nous connaissons la plupart des solutions à nos problèmes. Et elles fonctionnent. Nous savons régénérer les sols, ralentir le dérèglement du climat, sortir des populations entières de la pauvreté, fabriquer des produits neufs à partir de déchets, produire de l'énergie à partir du soleil, de l'eau, du vent ...

En quelques décennies, nous pourrions redresser la barre et sauver une bonne partie de l'humanité. Et lui permettre de vivre mieux. A condition de favoriser la coopération entre droite et gauche, citoyens et élus, législatif et exécutif. De nous unir. Et de cesser les petites guéguerres politiciennes et les stratégies électoralistes.

Aujourd'hui, nous sommes nombreux à ne nous retrouver ni dans ce que propose la droite, ni dans ce que propose la gauche. Et encore moins dans le Front national. Nous n'appartenons souvent à aucun parti. Nous sommes de simples citoyennes et citoyens. Mais nous ne pouvons plus regarder la situation se dégrader de la sorte. Il nous faut amorcer le mouvement. Et tout réinventer, y compris la politique. Nous en avons les moyens et, encore une fois, qu'y a-t-il de plus enthousiasmant ?"

Auteur, réalisateur et militant français, Cyril Dion est cofondateur du mouvement Colibris avec Pierre Rabhi en 2006. Il a publié en 2015, chez Actes Sud, Demain. Un nouveau monde en marche et Demain, les aventures de Léo, Pablo et Lou en quête d?un monde meilleur. Il écrit et coréalisé avec Mélanie Laurent le filmDemain, César du meilleur documentaire en 2016."